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École & société

Repères02 août 20266 min

Pourquoi la pénurie d’enseignants s’installe dans les classes

<p>La pénurie d’enseignants correspond au décalage entre les besoins des établissements, les recrutements effectivement réalisés et les remplaçants disponibles. Elle varie selon les académies et les disciplines, et se manifeste par des postes non pourvus, des absences prolongées et des emplois du temps fragilisés.</p>

Par Héloïse Courtois — rédactrice en chef — école, politiques éducatives et société

Pourquoi la pénurie d’enseignants s’installe dans les classes

La pénurie d’enseignants correspond au décalage entre les besoins des établissements, les recrutements effectivement réalisés et les remplaçants disponibles. Elle varie selon les académies et les disciplines, et se manifeste par des postes non pourvus, des absences prolongées et des emplois du temps fragilisés.

Les difficultés signalées à la rentrée 2025 ont confirmé que le problème ne se résume ni à des concours insuffisamment remplis ni à une prétendue disparition des vocations. Derrière l’expression « pénurie d’enseignants », des réalités très différentes se superposent : une discipline rare, une académie peu attractive, un remplacement impossible ou une entrée dans le métier devenue plus incertaine.

De quoi parle-t-on lorsque les postes ne sont pas pourvus ?

La pénurie d'enseignants ne signifie pas que toutes les classes se retrouveraient sans professeur. Elle désigne un décalage entre les besoins réels des écoles et établissements, les recrutements effectivement réalisés et les capacités de remplacement. Il peut s'agir de postes vacants après les concours de recrutement, d'absences longues non couvertes, ou de difficultés concentrées dans certaines disciplines. Les alertes se sont poursuivies à la rentrée 2025 : L'Etudiant rapportait des manques de professeurs dans la moitié des établissements interrogés. Ces repères éclairent une tension, mais ne disent pas tout : ils mesurent imparfaitement les remplacements partiels, les heures redistribuées entre collègues et les emplois du temps durablement fragilisés.

Une attractivité territorialisée : la pénurie n'est pas uniforme

Il n'existe pas une seule académie en manque de professeurs, mais des situations locales très différentes. Les analyses évoquées par l'Université Rennes 2 rappellent que l'attractivité d'un poste dépend aussi de la vie hors de la classe : accès au logement, coût de l'installation, mobilité, éloignement des proches ou services disponibles. Une affectation peut donc être difficile à pourvoir sans que le métier soit uniformément rejeté. Les tensions varient également entre premier degré et second degré, ainsi que selon les disciplines. Un poste ouvert sur le papier ne garantit pas qu'un professeur soit disponible, formé et prêt à s'installer au bon endroit au moment de la rentrée. Cette géographie explique pourquoi les équipes de remplacement sont parfois sollicitées au-delà de leurs possibilités, avec des effets immédiats sur la continuité des cours.

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Des causes multiples, au-delà du concours

Les concours qui ne font pas le plein constituent un signal, non une explication suffisante. Le choix d'entrer dans l'enseignement, d'y rester ou de le quitter dépend de la rémunération, mais aussi du temps de préparation, des relations avec les élèves et les familles, des demandes administratives, de l'inclusion scolaire et de la stabilité des collectifs de travail. La dévalorisation du métier d'enseignant se nourrit souvent de cette accumulation concrète, et affecte particulièrement le bien-être des enseignants. Le recours aux enseignants contractuels permet de répondre vite à une absence ou à un poste non pourvu ; il ne règle pas, à lui seul, les besoins de formation, de tutorat et de continuité pédagogique. La question dépasse la France : le Rapport mondial sur les enseignants de l'UNESCO estime que les systèmes éducatifs auront besoin de 44 millions d'enseignants supplémentaires d'ici 2030.

Quelles réponses possibles pour la rentrée et après ?

  • Anticiper les besoins : mieux croiser ouvertures de postes, départs prévisibles et réalités des territoires afin de préparer la rentrée scolaire avant les dernières semaines.
  • Sécuriser les débuts de carrière : proposer un accompagnement effectif aux nouveaux recrutés, notamment lors des premières affectations et des prises de classe complexes.
  • Renforcer les remplacements : stabiliser les équipes dédiées et améliorer la circulation de l'information entre établissements pour limiter les ruptures de cours.
  • Former et accompagner les contractuels : leur recrutement répond à une urgence, mais leur intégration conditionne aussi la qualité du service rendu aux élèves.
  • Agir sur l'installation : un dialogue entre Éducation nationale et collectivités peut porter sur le logement, les transports et l'accueil local.

Les travaux prospectifs de Futuribles invitent à penser ces mesures dans la durée. La pénurie révèle moins un simple défaut de ressources humaines que la place accordée au travail enseignant et à la continuité due aux élèves.

La pénurie d’enseignants ne dessine pas une école uniformément vide, mais une vulnérabilité inégalement répartie. Regarder les concours ne suffit pas : il faut aussi observer les affectations, les remplacements, les débuts de carrière et les conditions quotidiennes d’exercice. Pour les familles comme pour les personnels, nommer ces mécanismes aide à distinguer une difficulté passagère d’un déséquilibre durable.

Vos principales questions

Où trouver des enseignants lorsqu'un établissement manque de professeurs ?

Un établissement signale d'abord le besoin à son rectorat ou à sa direction des services départementaux. Les services académiques mobilisent les remplaçants, examinent les possibilités de réaffectation et peuvent recruter des enseignants contractuels. La solution dépend de la discipline, du territoire et de la durée prévisible de l'absence.

Quelle reconversion envisager après l'enseignement ?

Les compétences acquises dans l'enseignement peuvent être valorisées dans la formation d'adultes, l'accompagnement pédagogique, l'édition, la médiation culturelle ou la coordination de projets. Avant de choisir, il est utile de faire un bilan des compétences transférables, des contraintes financières et des formations éventuellement nécessaires.

Quels sont les devoirs des enseignants ?

Les enseignants ont pour mission d'instruire les élèves, de préparer et conduire leurs cours, d'évaluer les apprentissages et de participer au suivi des classes. Ils doivent respecter les programmes, le principe de neutralité du service public, la confidentialité des informations et les règles de protection des élèves.

Quelles sont les académies les moins demandées ?

Il serait trompeur d'établir un palmarès sans données de mobilité comparables. La demande varie selon les postes ouverts, les disciplines et les conditions d'installation. Pour s'informer, il faut consulter les informations de mouvement publiées par les rectorats et l'Éducation nationale, puis comparer les besoins annoncés avec son projet personnel.

Pourquoi certains enseignants quittent-ils l'enseignement ?

Les départs ne relèvent pas d'une cause unique. Certains enseignants évoquent la charge de préparation, les affectations subies, l'isolement professionnel, les tâches administratives ou l'usure liée à des situations de classe difficiles. La rémunération compte aussi, mais elle s'inscrit dans une appréciation plus large des conditions d'exercice.

Quelles sont les principales difficultés du métier d'enseignant ?

Le métier combine transmission des savoirs, gestion de classe, préparation, évaluation et dialogue avec les familles. Les difficultés peuvent s'accentuer lorsque les équipes sont instables, que les remplacements tardent ou que l'accompagnement des élèves à besoins particuliers repose sur des moyens insuffisants. Elles varient fortement selon les contextes.

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À propos de la signature

Héloïse Courtois

rédactrice en chef — école, politiques éducatives et société

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