V. Cousin - extraits - Défense de l’université et de la philosophie (1844)

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Victor Cousin (1792-1867) est avant tout connu pour être l’instigateur et l’ordonnateur de la généralisation de l’enseignement de la philosophie durant la Monarchie de Juillet, dont il fut ministre de l’Instruction publique en 1840. Comme nous l’avons souligné dans l’introduction, les orientations et l’organisation de cet enseignement par Cousin sont encore prégnantes aujourd’hui, et seront reprises par Victor Duruy en 1863 (après une éclipse de l’enseignement de la philosophie de 1849 à cette date), et surtout, pour la plupart, par la IIIe République. Là encore la continuité est frappante : c’est Victor Cousin qui fera de la philosophie la matière terminale des études, en faisant la discipline centrale de l’année du même nom, lui donnant un programme et un cadre administratif, dont nous sommes encore largement les héritiers. C’est chez Cousin que s’origine l’idée de la philosophie comme couronnement, c’est-à-dire comme ce qui donne sens à l’ensemble du cursus, celui-ci étant pensé comme formateur de l’homme dans sa totalité : « l’instruction secondaire ne prépare donc spécialement à aucune profession savante ou industrielle ; son but est plus général : elle prépare des hommes et des citoyens ». Victor Duruy, trente ans plus tard, ne dira pas autre chose : « avant de rendre un élève à sa famille et à la société ou aux grandes écoles de l’Etat et aux services publics, l’Université lui demande de prouver qu’il emporte réellement du lycée ce qu’il est venu chercher. Est-ce une masse considérable de connaissances ? Non ! Ces connaissances sont le moyen et non pas le but de l’éducation : ce but, c’est de cultiver son esprit, de l’exercer, de l’assouplir par un commerce prolongé avec les maîtres de la pensée humaine… Au lycée, on prépare l’homme ». D’où l’importance fondamentale que Cousin donne aux humanités, que vient organiquement parachever l’enseignement de la philosophie, dans cette perspective d’une formation intégrale.

Mais outre son œuvre d'ingénieur de l’enseignement de la philosophie, le souvenir que nous avons, un peu facilement, gardé de Cousin est celui d’un penseur bien peu original et confondant d’orthodoxie.  L’ « éclectisme » cousinien nous semble aujourd’hui quelque peu caricatural, de par sa déférence à l’ordre établi et au pouvoir en place. En effet, la philosophie a pour rôle, selon lui, de mettre en évidence les vérités éternelles qui traversent tous les systèmes philosophiques, et dont l’éclectisme constitue l’aboutissement. Le professeur a pour fonction de séparer le bon grain de l’ivraie, le résultat de cette recherche étant défini par avance, de façon quasi-officielle : « ici rien d’arbitraire, tout est nécessaire et marqué au coin de la vérité éternelle ».  Un cours de philosophie qui se respecte est un cours qui aboutit à la conclusion que Dieu existe, l’âme est libre, et la société organisée de la meilleure façon qui soit.  Il s’agit en l’occurrence de désamorcer la critique d’une philosophie vue comme subversion et contestation de l’ordre établi ; au contraire, « le grand but qu’on se propose est de former des esprits sains et vigoureux et des âmes honnêtes ». De ce point de vue, loin de s’opposer à l’Eglise, la philosophie la conforte et l’assiste : au final, elle ne dit pas autre chose que ce que dit la religion, et elle vient la  fortifier. De même, elle a pour finalité de faire comprendre la nécessaire organisation de la société. Le cousinisme est finalement une philosophie d’Etat, dont le dogmatisme et l’assurance naïve nous semblent aujourd’hui ridicules. « La philosophie devenue, à travers la classe de philosophie, institutionnelle, se fait donc l’alliance raisonnable de la religion, l’éducation éclectique au patrimoine éternel de la philosophie et la formation idéologique à la monarchie constitutionnelle. En s’auto-représentant comme un espace neutre de questionnement, épuré, coupé de l’actualité, elle cache une philosophie officielle, dominante, un discours politique et l’intervention même de sa propre institution en tant qu’appareil d’Etat »[1].

Ce faisant, Cousin ménage néanmoins pour la première fois de notre histoire scolaire un champ autonome et indépendant à la philosophie. Il « fait ainsi de la classe de philosophie à la fois une discipline autonome et de par sa fonction, une institution d’Etat qu’il va organiser minutieusement »[2]. Lui, qui, outre celles de ministre, a exercé presque toutes les fonctions officielles possibles, incarne par excellence la tension entre la philosophie comme pure activité intellectuelle, et la philosophie comme institution, et la négociation permanente qui se joue entre les deux. Permettons nous de citer encore une fois Pierre Macherey : « Si Victor Cousin est tellement absent de notre conscience historique, - lequel de nos professeurs de philosophie a lu une seule ligne de ses oeuvres ? -, c’est parce qu’il en a été systématiquement refoulé. Or quels sont les enjeux de cette mise à l’écart ? Ne sont-ils pas ceux qui déterminent précisément, non seulement dans la France d’hier, mais dans celle de maintenant, les conditions d’exercice de la pensée philosophique ? Il faut que nous osions nous le dire à nous-mêmes : Cousin hante nos esprits de philosophes à la manière d’un inconscient théorique, comme un impensé qui précède toutes nos pensées et les incline dans un certain sens. La philosophie du sens commun, avec le style inimitable que Cousin lui avait prêté, nous semble, sans d’ailleurs que nous cherchions à la connaître sur pièces, bien légère et bien pauvre intellectuellement : et pourtant nous sommes en plein dedans. Et ceci pour une raison qui est en dernière instance objective : Cousin a créé un système pratique de la philosophie, on serait tenté de dire un corps philosophique, qui après lui, et sans doute pour un certain temps encore, a persévéré dans son être : au cœur de ce système, se trouve une certaine conception du pouvoir, plus particulièrement, si étrange que puisse paraître cette notion, du pouvoir philosophique, et des compromis qui sont nécessaires pour le conquérir et pour l’exercer. Être philosophe dans la France d’aujourd’hui, c’est être cousinien, et aussi à des degrés divers rebelle au cousinisme, sans le savoir. Et qu’on se le dise : dans les idées comme dans les faits, politiquement, idéologiquement et philosophiquement, pour ne pas parler du reste, nous ne sommes toujours pas sortis du XIX’ siècle, que nous tenons si particulièrement à ignorer parce que c’est de lui que nous tirons la plupart de nos pauvres raisons de vivre et de penser »[3]. Le regard condescendant que nous portons sur Cousin n’est-il pas pour nous un moyen de nous acheter une bonne conscience à peu de frais, nous permettant d’ignorer à quel point notre manière actuelle de l’enseigner est elle aussi de part en part traversée par des normes institutionnelles ? Et entretenant le fantasme d’une philosophie détachée des jeux de pouvoirs mesquins de la cuisine politique, hors du monde, illusion qui est précisément celle que l’on reproche à Cousin.

 

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Qu’est-ce en effet que l’éducation ? L’apprentissage de la vie qui nous attend au sortir de l’école, soit dans les professions particulières auxquelles la famille nous destine, soit dans ces fonctions générales d’homme et de citoyen auxquelles Dieu et la patrie nous appellent. Que diriez-vous si l’on donnait à un futur marin l’éducation du soldat, ou à un soldat l’éducation du marin, à l’avocat celle du médecin et au médecin celle de l’avocat ? Quoi de plus absurde, quoi de plus dangereux ? Maintenant, à la place de l’éducation spéciale et professionnelle, mettez l’éducation générale et publique : elle doit préparer à la vie sociale, telle qu’elle est constituée dans un siècle et dans un pays, non par des pouvoirs éphémères, mais par ces grandes et permanentes institutions qui sont l’esprit et l’âme d’un pays et d’un siècle. Si l’éducation du jeune homme est l’apprentissage et comme l’image anticipée de sa vie future, à ce titre elle est vraie et elle est salutaire ; elle prépare à la société un homme et un citoyen qui sera en harmonie avec elle, et qui, partageant ses instincts, ses préjugés même, la servira sans résistance dans toutes les carrières, utile aux autres, en paix avec lui même. Imaginez au contraire un jeune homme nourri, pendant les longues années de l’enfance et de l’adolescence, dans des principes opposés à ceux du siècle et du pays où il doit vivre, et jetez-le, à dix huit ans, dans un monde qui lui est comme étranger : il y sera déplacé et malheureux ; il pourra même y devenir un danger public. Il languira, inutile aux autres et à lui même, dans la solitude de son esprit et de son cœur ; ou bien il s’agitera pour ramener de gré ou de force la société inattendue qu’il rencontre à l’idéal chimérique dont on a enivré sa jeune imagination. Il appartient donc à la société d’intervenir dans l’éducation et de la faire un peu à son image pour que l’éducation lui rende ce que la société lui a donné ; autrement c’est la société qui sème de ses propres mains l’inquiétude, le mécontentement, les révolutions.

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L’instruction primaire est faite pour tous, l’instruction secondaire pour un petit nombre. Ce petit nombre est l’aristocratie légitime et sans cesse renouvelée de la société moderne. A cette aristocratie-là il faut avant tout des lumières générales ; il lui faut inculquer de bonne heure, non les habitudes prématurées de telle ou telle profession, quelle qu’elle puisse être, mais l’esprit qui fait l’homme et le citoyen. Il lui importe d’avoir été longtemps imbue de cet esprit généreux, pour ne pas le perdre trop aisément dans les carrières qui l’attendent, pour y transporter et pour y conserver le culte fidèle de l’humanité et celui de la patrie. L’instruction secondaire ne prépare donc spécialement à aucune profession savante ou industrielle ; son but est plus général : elle prépare des hommes et des citoyens.

Si ce principe est vrai, le fond de l’instruction secondaire, ce sont évidemment les humanités, c’est-à-dire l’étude des langues et des littératures de la Grèce et de Rome, couronnée par celle de la littérature nationale. Le collège met d’abord l’élève pendant quatre ou cinq années dans le commerce assidu des plus beaux génies. Quelle compagnie, Messieurs ! quel admirable apprentissage de tous les grands sentiments humains ! Depuis la Grèce jusqu’aux approches de la révolution française, les plus grands écrivains des plus grands siècles, à la fois divers et semblables, comparaissent devant la jeunesse de nos écoles et lui apportent ce qu’ils ont donné au monde. Elle n’a l’air d’apprendre que des langues, mais en réalité elle reçoit la plus riche culture. Elle reçoit surtout ce sentiment de la vraie beauté en tout genre, qui, entretenu avec soin et nourri avec amour loin du monde et dans la vie studieuse du collège, se transforme peu à peu en cet instinct sûr et prompt qu’on appelle le goût, puissance indéfinissable que rien ne remplace, qui pénètre l’âme aussi bien que l’esprit et influe sur toutes les habitudes. Puis, quand les humanités, pendant plusieurs années, ont rempli l’imagination, le cœur, la raison, l’âme entière, du sentiment du beau à la fois et de celui du bien, l’homme ainsi ébauché, nous l’achevons par des études plus sévères. Nous ne voulons pas que l’élève quitte le collège sans que les mathématiques exercent son entendement aux conceptions abstraites, aux longues et difficiles déductions, sans que les sciences physiques et naturelles lui apprennent les lois les plus générales de ce monde et les principaux caractères des êtres remplissent, sans que la philosophie enfin, résumant les humanités, lui enseigne ce que c’est véritablement d’être homme, quelles lois gouvernent à son insu son esprit et son cœur, quelle est cette âme qu’il sent dans son sein, quelle est cette sainte loi du devoir que nous n’avons point faite et qui nous est imposée, cette liberté merveilleuse qui a été donnée à l’homme seul, cette raison qui, malgré ses imperfections et ses limites, est pourtant capable de concevoir ou de pressentir l’être infini, invisible aux yeux, présent dans l’âme, créateur et législateur, témoin de la vertu, juge du crime, père de l’homme, et suprême arbitre des sociétés.

p. 51-53

C’est que l’enseignement philosophique possède deux qualités qui le rendent indispensable : il est, pour l’esprit, la meilleure gymnastique connue, et seul il peut pénétrer les intelligences et surtout les âmes de ces grandes vérités naturelles, placées bien au-dessus de tous les systèmes, qui n’appartiennent à aucune école, mais au sens commun, et qui composent en quelque sorte le patrimoine de la raison humaine ; vérités sans lesquelles il n’y aucune religion révélée possible, ni aucune société, quelle qu’elle soit, monarchique ou républicaine, parce que, sans elles, il ne peut y avoir de véritable morale publique ni privée.

On se fait l’idée la plus fausse de l'enseignement de la philosophie. On s’imagine que l’Université fait enseigner dans ses écoles tantôt tel système, tantôt tel autre selon la mode du jour : ici Platon, là Aristote, Descartes ou Locke, Reid ou Kant, M. La Romiguière ou M. Royer-Collard et, bien entendu, M. Cousin, quand c’est M. Cousin qui est au conseil. Messieurs, l’Université a d’autres pensées. Elle n’impose, comme elle n’interdit aucun système parmi ceux que la raison peut avouer, par ce motif fort simple qu’elle envisage moins la philosophie en elle-même que dans son rapport avec la société. Autre chose en effet est la philosophie considérée comme science, dans la solitude du cabinet ou dans une Académie de l’Institut, et autre chose la philosophie comme matière d’un enseignement public donné à la jeunesse au nom de l’État. Ne perdez point de vue cette distinction : elle est la clef de toutes les difficultés. La science de la philosophie, par sa sublimité même, est à la fois la gloire et l’écueil de l’esprit humain. Elle a ses lumières, et elle a ses ombres ; elle est pleine de vérités éternelles et d’opinions particulières. Ces opinions sont les différents systèmes, les différentes écoles que les siècles produisent, renouvellent, perfectionnent. L’histoire de ces systèmes et de ces écoles contient des leçons du plus haut prix qui peuvent avoir leur place dans un enseignement supérieur. Mais dans un collège, il n’y a point d’étude de luxe ; tout est dirigé vers l’utilité, vers l’utilité pratique. Là, on néglige les côtés hasardeux et changeants de la science, pour s’attacher à ses parties les plus fermes et les plus sûres, et c’est sur celles là qu’est assis l’enseignement. Le grand but qu’on se propose est de former des esprits sains et vigoureux et des âmes honnêtes. On commence donc par instruire l’intelligence à se connaître elle-même, à se rendre compte de ses principales facultés, de leurs fonctions et de leurs plus grands effets. Après ces préliminaires renfermés en une juste mesure, on entre dans le domaine de ce qui est éternel, la logique dont les règles sont absolues, infaillibles, au dessus de toute controverse ; on expose ces règles avec l’étendue suffisante, on exerce à les pratiquer, on institue cette escrime savante, cette gymnastique dont je parlais tout à l’heure, qui donne à l’esprit de viriles habitudes,  assouplit et fortifie ses ressorts et en fait un instrument plus puissant et plus sûr pour tous les travaux de la pensée. Ici rien d’arbitraire, tout est nécessaire et marqué au coin de la vérité éternelle. Viennent ensuite ces autres vérités tout aussi nécessaires qui, grâce à Dieu, n’ont manqué à aucun homme, à aucune société, puisque sans elles l’homme n’est pas un homme et la société n’est qu’un chaos : la spiritualité de l’âme, la liberté de l’homme, la loi du devoir, la distinction de la vertu et du vice, du mérite et du démérite, la divine providence, et ses promesses immortelles inscrites dans nos besoins les plus intimes, dans sa justice et dans sa bonté. Ces grandes vérités, plus nombreuses et plus lumineuses qu’on ne le croit, trouvent un consentement naturel, et leur ensemble compose une admirable doctrine qu’aucun philosophe ne peut revendiquer comme sa propriété particulière, et qu’il importe de déposer, dès la jeunesse, dans l’intelligence et dans l’âme de tous les hommes et de tous les citoyens .

p. 65-67

Faut il qu’il y ait dans les collèges des cours de philosophie et quelles doivent être l’étendue et les bornes de ces cours ?

Oui, certes, il faut qu’il y ait dans les collèges un enseignement qui, se liant à tous les autres et les résumant, achève dans le jeune homme l’instruction qu’il a reçue, et lui donne en quelque sorte le secret de tout ce qu’il a appris sous une autre forme : la connaissance des diverses facultés dont jusque là il avait fait usage sans s’en rendre compte, les règles secrètes du raisonnement que tous les esprits bien faits suivent à leur insu, les lois éternelles de la morale qu’exprimaient déjà toutes les grandes littératures, enfin les solides fondements sur lesquels repose la foi universelle du genre humain en une âme spirituelle et libre, responsable de ses actes, et en un Dieu père et juge de l’humanité.

Voilà qui est clair, simple, incontestable. Jusque-là, qui peut éprouver le plus léger scrupule ? Maintenant, puisqu’on nous en a donné l’exemple, mettons ce qui vient d’être dit dans les termes particuliers usités en ces sortes de matières, et ne vous laissez pas, de grâce, épouvanter par ces termes dont je n’abuserai pas.

La connaissance régulière des méthodes qui président à la conduite de l’esprit dans la recherche et surtout dans la démonstration de la vérité, est la logique.

L’exposition des principes éternels des mœurs est tout simplement la morale.

L’étude de nos facultés et des lois qui y sont attachées est appelée la psychologie.

La démonstration de la liberté humaine, celle d’une âme spirituelle, appelée par conséquent à d’autres destinées que la matière, celle encore de la divine Providence et de ses grands attributs, cela s’appelle, depuis près de deux mille ans, d’un nom que je n’ai pas inventé et dont on fait peur aujourd’hui aux enfants et aux femmes : ce mot terrible est la métaphysique. Il ne signifie rien autre chose, sinon la connaissance d’êtres qui, pour ne pas tomber sous les sens, n’en existent pas moins, à savoir l’âme et Dieu.

Il faut enseigner toutes ces vérités aux élèves de nos collèges. Il faut leur bien mettre dans l’esprit qu’elles sont indubitables et aussi certaines que toutes les vérités qu’enseignent les lettres et les sciences. Il importe aussi de faire voir qu’excepté un très-petit nombre de génies infortunés qui se sont égarés dans leurs propres pensées, en voulant s’écarter de la foi universelle de leurs semblables, tous les hommes ont toujours possédé ces vérités, et que les génies les plus sublimes dont la race humaine s’honore les ont enseignées dans des ouvrages immortels ; de sorte que l’autorité se joint à la raison pour persuader à l’intelligence et à l’âme ces vérités incontestables et à peu près incontestées : cela se nomme une histoire sommaire des opinions des plus grands philosophes.

Ces diverses sciences, liées entre elles, s’appellent la philosophie.

Je m’adresse au bon sens de la Chambre : toutes ces vérités, que j’ai si brièvement rappelées, sont elles devenues tout à coup moins évidentes et moins nécessaires depuis que je les ai rapportées aux sciences qui les contiennent, et que j’ai donné à ces sciences le nom qui leur appartient ? Laissez-là les mots, regardez les choses, et vous demeurerez convaincus qu’à moins d’être ennemi de lui-même, tout État doit faire enseigner dans les collèges la philosophie avec ses parties essentielles et les vérités qui en dépendent, et qu’il ne doit pas souffrir que nul jeune homme passe dans les écoles spéciales de droit ou de médecine, sans avoir reçu un tel enseignement et sans avoir prouvé au baccalauréat ès lettres qu’il en a sérieusement profité .

p. 102-104

 

Victor Cousin, Défense de l’université et de la philosophie. Discours prononcés à la Chambre des Pairs dans la discussion de la loi sur l’instruction secondaire (avril et mai 1844),

texte disponible à cette adresse

 

 


[1] Lisa Serrat, La classe de philosophie de Saint-Simon à nos jours, DEA de philosophie, p. 84

 

[2] ibid. p. 76

[3] texte disponible ici