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Lutter contre les discriminations ? Certes ! Et contre les inégalités ?, par Alain Beitone et Estelle Hemdane

En février 2016, l’académie de Créteil a publié un rapport sur la question des discriminations. Ce texte appelle selon nous un certain nombre de commentaires et doit susciter le débat. En effet, le système scolaire français est-il à proprement parler "discriminatoire" ? Et déjà peut-on appeler "discrimination" ? Nous soutiendrons qu'on ne peut pas parler de discrimination au sens juridique à l'école (ou de façon exceptionnelle) et que l’influence de la discrimination systémique sur les écarts de réussite scolaire est faible. Selon nous, ces écarts s’expliquent principalement par les inégalités économiques, sociales et éducatives du milieu d’origine des élèves (d’origine immigrée ou non), que le paradigme pédagogique dominant tend paradoxalement à renforcer.

Pour être plus juste, l’école doit servir sa mission fondamentale

Nathalie Bulle propose un texte programmatique sur les grandes directions que devrait emprunter l'école pour être plus juste. Ces dernières concernent sa mission fondamentale de développement intellectuel et culturel et les opportunités véritables de réalisation individuelles qu'elle devrait offrir.

La mixité des formations et des métiers demeure encore un objectif !, par Françoise Vouillot

Les statistiques de l’orientation attestent du chemin encore à parcourir pour parvenir à une réelle mixité dans les formations et les métiers. Il y donc toujours des freins à l’évolution de la mixité. Tous les niveaux d’intervention relatifs au processus d’orientation (politique, procédures, pratiques) sont concernés mais sont rarement questionnés sur leur rôle dans cette ségrégation sexuée en raison de la prévalence de « l’idéologie de la différence des sexes » comme explication. Si l’on veut faire évoluer la situation, ce sont ces freins qu’il faut interroger comme étant le produit des stéréotypes de sexe et du genre.

Former des maîtres ? Une question philosophique et politique, par Pierre Statius

La formation des maîtres n’est pas prioritairement une question d’institution, ni même d’ailleurs une question de diplôme. Il faut en effet, pour apprécier la complexité de la tâche proposée, remonter très en amont, vers l’anthropologie, la politique et l’histoire. Il conviendra ensuite de revenir sur la période des écoles normales et sur leur déclin, pour envisager, à la fin de ce parcours, la situation actuelle de la formation des maîtres ainsi que les erreurs commises.

Questions ouvertes pour l'école du XXIe siècle - Formation des maîtres : mission impossible ?

Enregistrement de la quatrième séance (6/06/15) du cycle de rencontres intitulé Questions ouvertes pour l'école du XXIe siècle, organisé par le Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne (CEPA), l'Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education de Paris et la revue Skhole.fr.

Intervenants : Eric Dubreucq, François Louveaux, Pierre Statius, Patrick Ghrenassia, Emmanuel Brassat, Denis Kambouchner.

Propositions pour une réforme de la formation des enseignants, par Pierre Statius

L'auteur reprend les conclusions de son article précédent sur skhole.fr puis il illustre ce qu'il estime être la faillite structurelle des ESPE. Dans un deuxième moment, Pierre Statius passe de la critique à la proposition en se demandant ce que pourrait être une authentique réforme de la formation des enseignants. Il opte finalement pour le modèle de l'école professionnelle, après avoir constaté l'échec de l'école universitaire, et fonde son analyse sur l'exemple de l'Ecole Nationale de la Magistrature. Enfin, dans un troisième moment, l'auteur considère les politiques universitaires menées en France depuis une dizaine d'année et appelle à la méfiance. Il propose notamment que l'on distingue avec soin l'enseignement supérieur et l'université.

Le Centre éducatif et culturel d’Yerres : Un modèle pour l’avenir ?, par Baptiste-Marrey

Le centre Éducatif et Culturel d'Yerres ( 25 km au sud-est de Paris) a ouvert ses portes en 1969, il est aujourd'hui détruit. Il fut le prototype des centres dits intégrés qui ont fait le pari d'associer concrètement dans le même bâtiment l’Éducation Nationale, les Affaires Culturelles et Jeunesse et Sports. Cette expérience oubliée peut aujourd'hui donner à réfléchir quand la "culture à l'école" est devenue une priorité gouvernementale.

Réforme du collège - La vraie discussion n’a pas commencé, par Denis Kambouchner

Nous reproduisons ici le point de vue de Denis Kambouchner sur l'actuel projet de réforme du collège et la polémique qu'il suscite. Point de vue publié dans Le Nouvel Observateur du 21 mai 2015.

Idées pour le collège, par Denis Kambouchner

Le 24 septembre 2003, peu de jours après le colloque de la Sorbonne sur la Crise de la culture scolaire, Denis Kambouchner été invité à une rencontre sur l’éducation autour du collège Clisthène à Bordeaux, animée par Luc Cédelle et à laquelle participèrent Philippe Meirieu et plusieurs membres de l’équipe des Cahiers Pédagogiques. Dans un texte de présentation, les organisateurs de la rencontre demandaient aux participants leurs propositions pour le collège. D’où le texte que voici, qu’il faut replacer à sa date (par exemple pour ce qui concerne le numérique), mais dont plusieurs idées directrices nous semblent avoir gardé un certain degré d’actualité.

Dossier Questions de genre à l'école

Le « genre » jouit d’une certaine actualité dans le monde scolaire, il a en l’occurrence été surtout au centre de débats politiques et médiatiques. Ce dossier se propose de donner quelques points de repères quant à l’évolution des questionnements relatifs au « genre » à l’école. Le lecteur est invité à déplacer le regard d’une perspective idéologique et politique à une perspective plus informée du point de vue théorique.

Retour critique sur les ESPE et sur leur création en septembre 2013 : Républicaniser la formation des maîtres ?, par Pierre Statius

J’ai été directeur de l’IUFM de Franche-Comté de février 2009 à septembre 2013 et vice-président de la conférence des directeurs d’IUFM de 2010 à 2013. A ce titre, j’ai été un acteur dans les réformes de la formation des maîtres qui ont couru de 2007 à 2013. Après une période de silence, je souhaite aujourd’hui reprendre la parole afin d’une part de revenir sur quelques éléments de l’histoire récente et d’autre part de proposer une analyse d’une réforme  qui, à mes yeux, demeure une réforme ratée et une occasion manquée une nouvelle fois

Enseigner en milieux difficiles : entre singulier et pluriel, par Gaëlik Razimbaud et Olivier Vors

Cet article a pour objet de questionner l’enseignement en « milieu difficile » en montrant que derrière un même terme se cachent différentes réalités professionnelles. En s'inspirant de notre expérience professionnelle, cet article se propose d'analyser ce qui oppose comme ce qui rapproche les élèves « de cités » (en métropole) aux élèves « du lagon » (à Mayotte) dans leurs difficultés scolaires persistantes.

Dossier ESPE

La réforme de la formation des maîtres, qui a abouti en 2013 à la mise en place des "Écoles supérieures du professorat et de l'éducation" (ESPE) apparaît d'ores et déjà à beaucoup comme une occasion ratée. Ce dossier propose un ensemble d'articles qui pointent les principaux problèmes rencontrés par ces nouvelles ESPE et s'efforcent d'en comprendre les raisons.

ESPÉ : l'occasion manquée d'une réforme, par Eric Dubreucq

La réforme Peillon qui a instauré les ESPE a maintenant un an. Bien qu'il soit encore trop tôt pour en faire le bilan, il est possible d'en examiner les dysfonctionnements structurels: tant du point de vue de la valeur du diplôme que de ceux des recherches, de la formation professionnelle délivrée, voire de la cohérence des enseignements délivrés, on peut en effet observer les mêmes difficultés que celles que l'on observait auparavant. On peut ainsi craindre que la réforme dont les ESPE sont nées ait manqué l'occasion d'une réelle refondation de la formation des maîtres en France.

La formation des maîtres de l’école primaire à la dérive ?, par P. Berthuit, A-M. Chartier, B. Falaize, P. Joutard et P. Meirieu

Tribune publiée originellement le 25 septembre 2014 dans le journal Libération, signée par Philippe Berthuit, Anne-Marie Chartier, Benoît Falaize, Philippe Joutard et Philippe Meirieu, reproduite ici dans sa version longue, avec l'autorisation des auteurs.

"Transmettre, apprendre" - recension de l'ouvrage de Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi

Après Pour une philosophie politique de l’éducation (2002) et Conditions de l’éducation (2008), Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi publient cette année leur troisième ouvrage commun. Dans ces deux verbes et leur opposition - Transmettre, Apprendre - les auteurs voient le « problème intellectuel » de l’école contemporaine. Mais ce que s’efforce finalement d’établir le livre, c’est la nécessité de penser ensemble ces deux dimensions de l’éducation humaine, de repenser leur lien fondamental, une fois pris acte de l’échec théorique et pratique de leur opposition unilatérale.

A l’école des nouveaux rythmes, par Magali Gaubert

Vue de loin, la réforme des rythmes à l’école élémentaire est un raccourcissement de la journée d’école au profit du mercredi matin. Alléchante, scientifiquement étayée, elle est née d’un consensus recherchant l’efficacité pour le ministère, l’amélioration du côté des syndicats majoritaires, et l’épanouissement de l’enfant du côté de la FCPE. Pourtant elle a rencontré le rejet des instituteurs et de grosses difficultés de mise en œuvre. Magali Gaubert, institutrice, livre ici son point de vue sur cette réforme à ses yeux ratée.

L’invention scolaire de la singularité, par Marc Crépon

Dans cet article, le philosophe Marc Crépon se propose de penser la vocation de l’école comme « invention de la singularité » : le but de l’éducation scolaire, ce pourrait être que la nouveauté advienne, ce qui ne va pas de soi.

L'école, question philosophique - avant-propos, par Denis Kambouchner

Denis Kambouchner vient de publier L'école, question philosophique aux éditions Fayard (01/2013). Nous vous proposons d'en lire d'ores et déjà l'avant-propos, reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.

De la "désaffection" pour les études scientifiques, par Pierre Arnoux

Depuis 1995, les effectifs de bacheliers généraux, et en particulier de bacheliers scientifiques, stagnent, et les effectifs des premiers cycles universitaires s'effondrent. Cette évolution, évidemment contraire à la fameuse "économie de la connaissance" dont on nous parle sans cesse, est en général attribué à une prétendue "désaffection pour les sciences" qui serait un phénomène mondial. Au-delà des anecdotes, il n'y a aucune raison de penser qu'il existe vraiment une telle désaffection, et aucune explication au fait qu'elle aurait commencé à agir brutalement en 1995. On a par contre de bonnes raisons de penser que cette panne du système éducatif, qui va bien au-delà des sciences, est due à des réformes mal conçues et mal gérées du système éducatif (réforme des lycées, LMD, mastérisation...).

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