Petite histoire du collège unique

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Claude Mollard - Les Stellaires - Paris - Louvre (2008)

Tout a commencé avec le décret Berthoin 6 janvier 1959 qui rendait obligatoire la scolarité jusqu’à 16 ans, au lieu de 14, pour les enfants alors âgés de 6 ans au 1er janvier. Cette mesure se trouvait effective 8 ans plus tard, c’est-à-dire en 1967. En 1967, en effet, les enfants de quatorze ans allaient tous devoir prolonger une scolarité que nombreux achevaient encore dans l’enseignement élémentaire, éventuellement dans un cours de fin d’études.

L’accession au second degré offerte à tous s’est concrétisée par l’unification des établissements d’accueil des élèves issus de l’école primaire. Cette unification avait, dans le projet gaullien, pour but de rendre plus juste l’organisation de l’orientation. La population des collèges de 1,2 million en 1958-59, a atteint 3 millions en 1972-73. Un gigantesque effort de construction nouvelle a parallèlement été entrepris au rythme d’un établissement par jour, pour couvrir le pays d’un réseau complet du nouveau type d’établissements.

Les élèves étaient alors orientés suivant trois filières, éventuellement dans des établissements différents, Collèges d’enseignement secondaire (CES), créés par la réforme Fouchet-Capelle de 1963, ou Collèges d’Enseignement Général, (CEG), créés en 1959. Les élèves de la filière I (CES, type lycée) poursuivaient en général leurs études dans le second cycle long ; les élèves de la filière II (type CEG) dans le second cycle court après la classe de troisième ; ceux de la filière III (classes de transition, et cycle terminal pratique etc.), qui représentent 20% de la population scolaire environ, devaient à terme réintégrer une filière I ou II, une filière de l’enseignement professionnel, ou alors sortaient sans qualification du système éducatif.

Les deux premières grandes filières ont vu très vite, dès 1968, leurs programmes et horaires être confondus. Mais de fait, les expérimentations pédagogiques en filière III, au lieu de réunir à terme les destinées scolaires des élèves des différentes filières, tendent à les séparer définitivement.Des projets d’homogénéisation sont mis à l’agenda des réformes dès le début des années soixante-dix.Mais Haby, devenu ministre de l’Education en 1974, impose une solution par la voie législative le 11 juillet 1975, réforme effective à la rentrée 1977. Par la loi Haby de 1975, les CES et CEG sont unifiés en « collèges », tandis que les filières sont supprimées et que s’y substitue un système d’enseignements optionnels. Le palier d’orientation à l’issue de la classe de cinquième est néanmoins resté important jusqu’en 1985.

La deuxième grande transformation structurelle qui aura lieu après la fusion des établissements et des filières par la réforme dite du collège unique, dont la première conséquence est la disparition à terme de la filière III, sera la fermeture du palier d’orientation vers le cycle professionnel court après 1985. Cette fermeture se justifiera par le projet de mener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat. Elle s’accompagnera d’une ouverture des classes de quatrième et troisième technologiques et de la création du baccalauréat professionnel. Enfin, la troisième et dernière transformation structurelle importante sera la fermeture à terme de ces mêmes classes par la rénovation du collège en 1996. Au total, depuis la réforme de 1977, et compte non tenu des classes d’enseignement adaptéqui représentent quelques pourcents d’élèves, tous les collégiens seront progressivement intégrés au sein d’un curriculum commun.

Dans les dernières décennies, du rapport Legrand de 1982, de la loi d’orientation du 10 juillet 1989, aux propositions du rapport Dubet formulées en juillet 1998, en passant par les rapports du Conseil national des programmes de 1991 et de 1994, va de plus en plus s’imposer comme finalité au collège unique l’idéal de la fabrication d’une identité collective, à travers l’idée d’une culture commune, conçue comme préparation à la vie dans une société démocratique. La loi Fillon de 2005 prolonge et accentue cette orientation en instituant le « socle commun de connaissances et de compétences », qui trouve son application dans les programmes du collège depuis 2009 et dans l’examen du brevet (D.N.B.) depuis 2011.

Commentaires

histoire du collège

Vision peut-être idyllique, ne se préoccupant guère du vécu ...
Voyez plutôt ceci :

http://www.r-lecole.fr/collok/refgh.htm