Manque d'appétence pour les sciences ?

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Wolfgang Tillmans - NeckAu Salon du Livre d'Histoire des Sciences et des Techniques, qui se tenait à Ivry au mois de novembre, j'ai assisté de nouveau à une conférence sur le rôle de l'histoire des sciences dans l'enseignement. Avec en filigrane, toujours cette question lancinante : pourquoi les élèves se désintéressent-ils des sciences ?

Pour ma part, je pense qu'il faut déjà se méfier du jugement que l'on porte sur le comportement des élèves devant nous (je parle ici en tant qu'enseignant) et le souvenir que nous avons de notre propre scolarité. Mon expérience passée est unique et non représentative de ce que les multiples élèves me renvoient comme comportements. Si nous avons l'impression que les élèves n'éprouvent plus cette appétence pour les sciences, n'est-ce pas dû qu'à cet effet rétrospectif, à une illusion tenace d'un âge d'or de l'enseignement comme on le note parfois dans les discours sur l'école « à l'ancienne » ?

De fait, lorsque j'entends la sempiternelle phrase « le niveau baisse », cette soit-disant baisse n'est due qu'à un effet de dilution des bons élèves parmi les autres, conséquence du collège unique et de la massification. Mais les bons élèves sont toujours là, et en même nombre. Ce qui a donc réellement changé, c'est l'excessive hétérogénéité du niveau des élèves, et son corrélat : comment capter l'attention d'élèves qui ne sont pas acquis a priori aux sciences et aux études en général. Je suis convaincu que nous devons changer assez profondément les programmes mais sans céder à la facilité et niveler vers le bas, et également notre façon d'enseigner sans faire dans le ludique à tout crin. L'histoire des sciences est une réponse possible pour améliorer les choses, mais pas la seule.

Au-delà de ce problème concret d'enseignement, il y a un problème plus profond qui se pose. C'est le rapport science et société dans son ensemble, et je crois qu'il n'a pas été suffisamment analysé...