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La pédagogie inversée : une pédagogie archaïque, par Alain Beitone et Margaux Osenda

Nous avons un point d’accord au moins avec les thuriféraires de la pédagogie inversée : cette « innovation pédagogique » rencontre un succès fulgurant. Mais deux questions ne sont pratiquement jamais posées : Qu’est-ce qui est enseigné aux élèves ? Cette méthode d’enseignement est-elle efficace ? Dans ce texte nous avons deux objectifs. Le premier consiste à synthétiser la façon dont les partisans de la classe inversée présentent leur méthode et à poser un certain nombre de questions sur l’innovation ainsi proposée. Le second consiste à étudier neuf « capsules vidéo » consacrées à l’enseignement des sciences économiques et sociales en vue d'un enseignement en classe inversée.

L’éducation comme éthique : Spinoza – II – Les affects de l’éducation, par Pascal Sévérac et Ariel Suhamy

Comme nous l’avons vu dans notre texte précédent (« L’éducation comme éthique : Spinoza avec Vygotski – I – Fondements anthropologiques »), l’éducation chez Spinoza, entendue au sens d’une aide au développement cognitif de l’enfant et d’une conduite de ses conduites, met en jeu avant tout la question des affects. Le texte qui suit traite des différentes formes affectives d’éducation qui peuvent être déduites de la philosophie spinoziste. Resterait (pour un travail ultérieur ?) à articuler ces considérations spinozistes sur l’éducation avec les recherches menées par Vygotski sur la psychologie de l’enfant.

Éduquer pour obéir ou obéir pour s'éduquer à la vertu, par Cyprien Coste

Spinoza et Hobbes partagent beaucoup de points communs concernant les rapports entre l’Église et l’État. Pourtant, leurs théories diffèrent sensiblement sur la question de l'éducation. Notre projet est de montrer que contrairement à Hobbes, pour qui l’État doit subordonner la question de l'éducation religieuse et politique à la question de l'obéissance, Spinoza semble superposer deux modèles d'éducation. Le premier modèle serait à rapprocher de Hobbes : autorité civile, subordination de l'éducation religieuse à l’État, ou encore imposition des normes sociales par le droit du Souverain. Cependant, nous voudrions montrer que Spinoza propose un autre modèle, y compris dans le Traité théologico-politique, et que l'on pourrait appeler de manière sommaire une éducation non-autoritaire.

Capoeira : expérience motrice dans une école élémentaire, par Patricia Keravec Santos

Ce projet, validé par le ministère de l’Éducation nationale, a eu pour objectif de présenter la capoeira Angola comme instrument pédagogique dans une école primaire. Il a globalement amélioré l’écoute et l’attention des élèves, tant lors du cours de capoeira que dans l’école en général et a permis aux élèves de découvrir une nouvelle expression motrice. Même avec quelques difficultés, dont celle de chanter dans une autre langue, la mise en place de ce travail avec les enfants et les enseignantes aura permis de créer un beau spectacle à la fin de l’année : une ronde de capoeira angola.

La société en réseau : une société d’insectes ?

La notion de réseau a envahi le discours contemporain et tend à devenir le modèle implicite ou explicite pour penser et organiser l’ensemble des rapports sociaux : la ville, le quartier, l’entreprise, l’école, et finalement la société toute entière sont sommés de fonctionner désormais « en réseau », de manière fluide et décentralisée, en interconnexion permanente, comme sur la toile du web. Mais si la réticularité numérique offre bien des possibilités nouvelles et prometteuses en matière de relations sociales, il faut rester lucide sur ses limites et ses profondes ambivalences. Le réseau : promesse d'une convivialité renouvelée du vivre-ensemble ou soumission de la vie humaine tout entière à une gouvernance algorithmique ? L’alternative est loin d’être tranchée.