J.G. Fichte - extrait - Les bénéfices sociaux de la nouvelle éducation

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L’Etat peut se demander s’il dispose des ressources nécessaires pour faire face aux dépenses d’une éducation nationale. Puisse-t-on lui faire comprendre qu’en assumant cette seule dépense il s’acquittera de la façon la plus économique de toutes les autres et que sous peu il n’aura plus que cette unique dépense importante. Jusqu’à aujourd’hui, les revenus de l’Etat ont été employés, pour la majeure partie, à l’entretien d’armées permanentes (…). Par contre, l’Etat qui voudra rendre générale l’éducation nationale que nous proposons n’aura plus besoin d’armée de métier dès qu’une jeune génération aura été formée de la sorte, car celle-ci constituera naturellement une armée telle que les siècles n’en ont pas vue de semblable. Tout individu sera parfaitement exercé à n’importe quel usage de sa force physique et on s’en rendra immédiatement compte ; il sera, de plus, habitué à supporter tous les efforts et toutes les fatigues ; son esprit, grandi dans l’intuition immédiate des choses, n’aura point d’absences ni de défaillances ; en son âme vivra l’amour de la collectivité dont il fait partie et cet amour anéantira tout mouvement d’égoïsme. L’Etat pourra, quand il voudra, appeler ces jeunes gens et leur donner des armes, avec la certitude que nul ne les vaincra

Fichte, Discours à la nation allemande, Discours II, traduction J .Molitor, Costes, Paris, 1923, p. 176.