Dossier ESPE

Version imprimable

Gilles Marrey - Médusa - 2014 En juillet 2013, après plusieurs années d'instabilité institutionnelle, sont créées par la loi les "Écoles supérieures du professorat et de l'éducation" (ESPE), établissements publics rattachés aux universités et qui se substituent aux anciens "Instituts de formation des maîtres" (IUFM). Elles sont a priori chargées d'assurer l'ensemble de la formation des personnels enseignants (ainsi que d'encadrement éducatif), dans toutes ses dimensions : délivrance d'un master professionnel, préparation aux concours de recrutement, stages en alternance, formation continue, initiation à la recherche, etc.

Un an après leur création, le premier bilan que l'on peut en tirer semble très mitigé voire inquiétant : nées dans une certaine précipitation, mais surtout marquées structurellement par de nombreuses hésitations voire incohérences, tant sur le plan de leurs missions que sur celui de leur place institutionnelle et de leur organisation, les toutes nouvelles ESPE ne paraissent pas en mesure d'assurer une formation satisfaisante, solide et renouvelée, des personnels enseignants, et beaucoup de ceux qui y étudient ou y enseignent en perçoivent déjà et en dénoncent les limites et les difficultés de fonctionnement.

Cette ambitieuse réforme de la formation des maîtres, qui devait être un élément décisif de la "refondation" de l'école voulue et initiée par Vincent Peillon, semble donc constituer, pour le moment du moins, une occasion ratée, dont on ne peut pas dire qu'elle ait conduit à une situation meilleure qu'antérieurement, du temps des défunts - et contestés - IUFM. Nous vous proposons dans ce dossier une série d'articles et de points de vue qui s'efforcent de comprendre les raisons de cet échec, et de dessiner des perspectives pour tenter d'y remédier.