Critique de la réforme de l'orthographe d'André Chervel

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Claude Lévêque - Etre plus fou que celui d'en faceDans un entretien publié dans Le Monde 2 daté du 5 décembre 2008[1], André Chervel[2], grammairien et historien de l’enseignement, a récemment plaidé pour une réforme de l’orthographe assez « drastique »[3] et cela afin de répondre à ce qu’il diagnostique comme une « fracture orthographique » croissante, qui serait elle-même due à un blocage des reformes en la matière depuis 1835.

Cet entretien a reçu un certain écho médiatique. Dans la foulée de l’entretien donné au Monde, le 15 Décembre, le site d’information en ligne Mediapart a publié à son tour un entretien video avec A. Chervel, qui reprend, pour l’essentiel, les thèses et les arguments du premier[4]. Le même jour, Le Figaro[5] évoque les analyses d’A. Chervel[6] à l’occasion d’un court article consacré au fait que « le langage SMS serait, selon Nicolas Sarkozy, responsable de la déplorable orthographe des écoliers » français[7].

En fait, la plupart de ces propositions de réforme, et de leurs justifications, semblent avoir d’abord fait l’objet d’un livre qu’André Chervel a publié en Septembre 2008, intitulé L’orthographe en crise à l’école : Et si l’histoire montrait le chemin (Retz, 2008), que je n’ai pas lu. Cette publication avait d’ailleurs donné lieu à un entretien de l’auteur sur le site du SNUIPP, plus court que celui du Monde, mais très proche quant au fond[8].

En ce qui concerne les réactions critiques un peu développées à l’entretien d’André Chervel dans Le Monde, je ne peux signaler que celle d’Eveline Chermieux[9]. Mais il suffit d’utiliser Google pour se rendre compte que cet entretien a donné lieu à de nombreux débats et échanges sur le Net[10]. Enfin, pour compléter cette petite recension, je dois dire que j’ai été surpris de trouver des sites entiers consacrés à cette question de l’orthographe, et quelques uns prônant une réforme plutôt radicale[11].

Pour ma part, je suis tout à fait en désaccord avec les propositions d’A. Chervel, et j’insisterai ici avant tout sur deux objections majeures, qui portent plus particulièrement sur son diagnostic : l’importance très excessive accordée à la question de la seule orthographe d’une part, l’analyse de ce qui est présenté comme la « fracture orthographique » d’autre part. Au delà, cette réaction est aussi l’occasion d’attirer l’attention sur la nécessité d’une pensée  plus rigoureuse et complexe du phénomène de la langue en général, des enjeux et de l’évolution de sa « maîtrise » par les individus.

 

1. La question de la langue – et de sa maîtrise - déborde de beaucoup celle de l’orthographe.

La première et la plus importante objection que je ferais à l’entretien donné par André Chervel consiste en ceci : la question de l’orthographe prise isolément me paraît fournir une approche trop restrictive et partielle des problèmes posés par la maîtrise de la langue en général, qui sont bien plus amples, essentiels et par là plus urgents.

Si l’on peut en effet dresser un constat assez alarmant de l’état de maîtrise de la langue française par les élèves du secondaire – et sans doute bien au delà même, en fait, des enfants et des adolescents[12] -, rapporter cette situation globale à la seule difficulté de l’orthographe française est très réducteur. Bien sûr, en tant que tel, le « niveau en orthographe », comme on dit, a effectivement régressé de manière sensible, et l’on peut bel et bien soutenir, comme le déclare A. Chervel, que « l’école ne parvient plus à enseigner cette discipline »[13]. Mais s’en tenir là ne permet pas de comprendre les véritables enjeux qui concernent la langue dans son ensemble, en particulier écrite mais pas seulement.

Pour corriger des copies de philosophie de classes terminales à longueur d’année depuis dix ans, je peux témoigner du fait que l’orthographe est loin de constituer le plus grave défaut de la production écrite des élèves d’aujourd’hui : ce qui est bien plus préoccupant et plus difficile à corriger, ce sont les difficultés dans la construction des phrases, le manque de richesse et de précision lexicale et grammaticale, et les problèmes concernant l’élaboration de développements structurés d’une certaine longueur et ampleur. De même, on peut penser que si, comme l’affirme l’article du Monde, lui-même dans un style peu soutenu, les entreprises « en ont soupé de ces jeunes cadres incapables de rédiger le moindre rapport ou courriel dans un français correct », leurs griefs ne portent pas seulement ni même d’abord sur les fautes d’orthographe en tant que telles mais plus globalement sur la maîtrise des possibilités d’expression écrites dans leur ensemble : un « français correct » ne se résume évidemment pas à des mots bien orthographiés.

C’est d’ailleurs ce que A. Chervel reconnaît d’une certaine manière, en filigrane, lui-même, lorsqu’il déclare :

« Même à l'université, on se montre plus tolérant. Jadis, on ne pouvait pas être un bon élève avec des dissertations bourrées de fautes. Ce n'est plus tout à fait vrai aujourd'hui. Dans les IUFM, on explique aux futurs enseignants que l'orthographe, ce n'est pas aussi important que le reste[14]. »

Si ce n’est pas aussi important, c’est que « le reste » - la clarté de l’expression, la richesse de la construction, la précision du vocabulaire, etc. – compte en effet plus que la pure rectitude orthographique, qui n’a pas ou peu d’effets de sens très marqués sur le texte écrit. De même, plus loin, A. Chervel écrit à juste titre :

« Essayez de formuler une pensée un peu complexe dans la pseudo-écriture des textos : vous verrez que c'est là une voie sans issue. »

Or, il est particulièrement clair que la « peudo-écriture des textos » ne souffre pas au premier chef, ni même au second, d’incorrection orthographique mais de défauts bien plus profonds et multiples. De même, ce que l’on peut appeler la « complexité » d’une pensée ne tient pratiquement en rien à sa rectitude orthographique !

Au delà, il est possible soutenir que la mauvaise maîtrise de la langue ne se manifeste pas uniquement au niveau de la langue écrite – seule concernée, rappelons-le, par la notion d’ortho-graphe - mais aussi voire d’abord au niveau de la langue parlée, même si les effets y sont peut-être moins immédiatement perceptibles : si, par exemple, des fautes d’accord[15] sont commises en grand nombre dans les copies d’élèves, ces erreurs n’ont rien de propre à l’écrit – et ne doivent donc rien à « ce sentiment d'insécurité face à une orthographe difficile, voire imprévisible » (sic !) ; elles sont ou seraient commises aussi bien à l’oral, et sont simplement transposées à l’écrit.

Enfin, j’ajouterais, dans la même perspective, que les difficultés de lecture de certains textes, telles qu’on les rencontre également chez les élèves d’aujourd’hui, ne sont probablement pas non plus produites en premier lieu par les subtilités et irrégularités de l’orthographe française : ce sont là encore des problèmes beaucoup plus larges et profonds, que les élèves rencontrent d’abord face à des constructions syntaxiques élaborées, des subtilités dans l’usage des temps et des modes, un vocabulaire particulièrement riche, etc.

Ainsi, on le voit, aborder ce phénomène ample, complexe, et malheureusement assez généralasié, de la mauvaise maîtrise de la langue – voire des langues[16] – à travers l’unique question de l’orthographe ne peut pas permettre d’en rendre compte de manière satisfaisante, ni du même coup d’y proposer des remèdes efficaces. En effet, croit-on vraiment qu’une simple réforme de l’orthographe – même, et peut-être surtout « drastique », ainsi que la qualifie la journaliste du Monde - permettrait, comme l’écrit A. Chervel, de ne pas « laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale » et  d’éviter ainsi que la langue écrite ne devienne « l’apanage d’une classe cultivée »[17] ? Car ce n’est pas seulement ni d’abord la maîtrise orthographique qui est devenue « l’apanage d’une classe cultivée », elle-même de plus en réduite en tant que telle, mais bien la maîtrise de la langue toute entière, sous sa forme « soutenue » et même « correcte », écrite et même orale. De ce point du vue, une réforme de l’orthographe me paraît tout simplement dérisoire.

 

2. La position de Chervel adopte par moments, me semble-t-il, des arguments et une rhétorique qui font penser à ceux de la critique bourdieusienne de l’école, notamment à travers la dénonciation d’une « orthographe de caste » et d’une « fracture orthographique », de la crispation des instituteurs de la IIIe République sur leur savoir-faire et leur pouvoir social, ou encore du rôle joué naguère par le latin.

Sans pouvoir mettre en doute l’affirmation de A. Chervel selon laquelle « ce sont les instituteurs qui font échouer la simplification de l'orthographe lancée par Ferdinand Buisson en 1891 », n’est-il pas cependant exagéré et réducteur d’opposer, comme le fait A. Chervel, cent cinquante ans de « réformes continues » qualifiées d’évolutions « naturelles » de l’orthographe française[18], bref, entre 1650 et 1835, une sorte de plasticité heureuse de la langue écrite, à sa brutale rigidification, à partir de 1833-35, en particulier sous l’égide et l’emprise des écoles normales d’instituteurs nouvellement créées par la loi Guizot ? Il faudrait ici, me semble-t-il, s’interroger plus largement et subtilement sur les autres causes possibles et concomitantes d’une tendance de l’orthographe d’une langue à se stabiliser sur de plus ou moins longues périodes. De surcroît, A. Chervel dresse au passage un portrait particulièrement désobligeant et sans nuance des « maîtres d’école » devenus « instituteurs », accusés d’avoir « viré de bord »[19] et de faire désormais (à partir de 1835 et jusqu’à aujourd’hui semle-t-il à ses yeux[20]) de la maîtrise et du contrôle de l’orthographe un instrument de pouvoir symbolique et social. Un paragraphe doit à ce titre être cité in extenso, qui prétend expliquer par cette cause unique pourquoi un « blocage » de l’orthographe française se produit aux alentours de 1835 :

« Les maîtres d'école, d'abord favorables aux réformes, virent de bord au XIXe siècle. Car la société leur fixe alors un nouvel objectif qui va devenir la grande affaire du siècle : enseigner l'orthographe à tous les Français. Jusqu'à la loi Guizot de 1833, les maîtres d'école non seulement n'enseignaient pas l'orthographe, mais ils l'ignoraient. C'est alors que se créent les écoles normales par lesquelles va désormais passer toute l'élite de l'instruction primaire et dans lesquelles l'enseignement de l'orthographe se taille la part du lion. La même profession qui, jusque-là, s'employait à faciliter l'apprentissage de la lecture en simplifiant les graphies archaïques, va défendre bec et ongles son orthographe, qu'elle a eu tant de mal à acquérir, qui atteste son savoir-faire professionnel, et qui joue un rôle déterminant dans sa promotion sociale, car l'instituteur devient secrétaire de mairie dans la plupart des villages de France. Les anciens "maîtres d'école" se muent en "instituteurs" ne jurant plus que par l'orthographe. Ils en maîtrisent bien la didactique. Le système de notation leur permet de distinguer aisément les bons élèves. La dictée se répand et il suffit de répéter indéfiniment l'exercice pour obtenir de bons résultats au certificat d'études… »

Quant au rôle joué par le latin durant le XIXe siècle, notamment dans certaines institutions scolaires, rôle qu’il compare par analogie à celui de l’orthographe aujourd’hui, A. Chervel le résume sommairement à sa seule « fonction de discrimination sociale » :

« C'était une discipline de "luxe", qui avait une fonction de discrimination sociale. Au concours d'entrée des grandes écoles scientifiques comme Polytechnique, il y avait une version latine dont le seul rôle était de contrôler l'origine sociale des postulants, ou au moins leur volonté d'adaptation aux règles de la société bourgeoise. »

Là encore, l’explication semble beaucoup trop unilatérale, dans la mesure où il me paraît incontestable que si la connaissance du latin a pu figurer comme critère d’entrée à Polytechnique, et fonctionnait d’ailleurs encore récemment comme marque distinctive d’une certaine « culture » bien au-delà du cercle des grandes écoles scientifiques, ce n’est pas seulement à titre d’instrument de sélection sociale, mais aussi en vertu de qualités intrinsèques au type d’étude et d’objet en question : on ne peut pas, sauf à caricaturer, considérer qu’un esprit cultivé et bien formé au sens du XIXe s. consiste purement et simplement en un esprit manifestant sa « volonté d'adaptation aux règles de la société bourgeoise ».

Plus généralement, c’est aussi une limite des analyses de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron[21], que j’associe ici peut-être à tort aux positions d’A. Chervel, que de négliger toujours, dans les institutions scolaires, ce qui est enseigné – et par qui — au profit exclusif d’une analyse systémique des seuls rapports de pouvoir et de domination qui s’y jouent : qu’il se joue toujours de tels rapports dans la transmission des savoirs est sans doute incontestable – et bien au-delà de la seule société « bourgeoise », mais l’analyse de ceux-ci ne peut jamais suffire à rendre compte de l’intégralité des phénomènes en question.

Ainsi, dénoncer comme le fait A. Chervel dans un slogan la « fracture orthographique », entre une petite élite cultivée qui maintiendrait une grande masse dans une situation d’ « handicap social » par une sorte de domination symbolique fondée sur une orthographe figée et effrayante de difficulté, c’est à la fois trop et trop peu ! Trop, parce qu’on attendrait d’un historien une analyse plus subtile et plus attentive aux complexités historiques d’un phénomène aussi riche et malaisé à comprendre que l’évolution d’une langue. Trop peu, parce que si la langue, particulièrement écrite, a toujours été sans doute le terrain de nombreux enjeux de pouvoir symbolique et social, et s’il s’y joue en effet aujourd’hui d’importantes et nouvelles évolutions, la question de l’orthographe prise séparément offre bien peu de prise pour les comprendre et y répondre. Là encore, puisqu’il s’agit de ne pas « accepter la fracture orthographique de la société et laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale »[22], c’est aux problèmes de « discrimination » ou, mieux, de « dissociation » linguistique[23] dans leur ensemble qu’il faut s’attaquer : une réforme de l’orthographe n’aura pas ou peu d’effet.

Pire encore et paradoxalement, ne peut-on penser qu’une réforme aussi nette de l’orthographe, à la fois large et rapide, telle que la souhaite A. Chervel, aurait justement pour première conséquence de réaliser brutalement la tendance dissociative dénoncée, et de provoquer de surcroît une immense et très artificielle « fracture » historique et culturelle entre les nouvelles générations et un monde d’au moins trois siècles, tout entier écrit dans une orthographe devenue soudainement inconnue ? De ce point de vue, l’analogie osée par A. Chervel entre la réforme de l’orthographe qu’il préconise et… le passage à l’euro, quant au rythme, à la méthode et à l’irréversibilité souhaités, n’est vraiment pas rassurante, ni sur le fond – la conception de la langue, comparée à une monnaie -, ni sur la forme et les moyens politiques :

« Il faut qu'une réforme soit visible, que chacun sente qu'elle en vaut la chandelle. Lors du passage à l'euro, il y avait le même type de résistance du corps social. Mais le changement a été net, sans moyen terme, avec impossibilité de retour en arrière. Et l'on a dû s'y faire. »

Une telle perspective, plutôt technocratique, autoritaire, et marquée, semble-t-il, par une vision assez étroitement utilitariste de la langue[24], achève à mes yeux de discréditer les propositions « fracassantes » d’André Chervel.



[1] Cet article peut, pour le moment, être consulté ici : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/05/reformer-l-ortografe-pour-l-enseigner_1126561_3224.html

Sinon, vous pouvez y accéder en cliquant ici.

[2] André Chervel, que je ne connaissais pas avant la lecture de cet entretien, est grammairien, linguiste et historien de l’éducation, chercheur associé au Service histoire de l’éducation de l’INRP. Voir sa page de présentation sur le site de l’INRP : http://www.inrp.fr/she/pages_pro/chervel.htm

Signalons aussi au passage l’entretien d’André Chervel (avec Anne-Marie Chartier) dans la série « Les entretiens de la Diffusion des savoirs » de l’ENS, à l’occasion de la publication de son livre Histoire de l’enseignement du français du XVIIe au XXe siècle (Retz, collection « Les usuels Retz », 2006), qui peut être écouté ici : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?idconf=1584&res=conf

[3] Le mot n’est pas d’A. Chervel mais de la journaliste du Monde, Pascale Krémer.

[6] Curieusement André Chervel est associé ici à Jean-Paul Brighelli, ce dernier étant qualifié seulement de « plus virulent ».

[7] Par ailleurs, mais probablement sous l’influence de la publication du Monde, le 8 Décembre, le journal de 20h de France 2 avait consacré un sujet d’une minute (ce qui est une durée assez importante pour un JT), au « retour en force » de l’orthographe, en insistant essentiellement sur les enjeux sociaux et professionnels (l’orthographe comme critère de sélection d’entrée ou d’embauche). Enfin, le 3 Janvier 2009, c’est le journal suisse Le Matin, qui propose un nouvel entretien avec A. Chervel, dont le contenu répète pour l’essentiel les points déjà énoncés dans celui du Monde.

[12] Le niveau d’orthographe dont il est essentiellement question dans les entretiens d’A. Chervel est mesuré à la fin du secondaire. Il faudrait savoir à partir de quel degré du cursus scolaire la baisse du niveau d’orthographe se manifeste.

[13] Au début de l’entretien donné au SNUIPP : http://www.snuipp.fr/spip.php?article6012.  Dans l’entretien donné au Monde, A. Chervel rejette l’option d’un renforcement de l’enseignement de l’orthographe pour des motifs très pragmatiques, notamment budgétaires (cf. note 22).

[14] Je souligne.

[15] Accord des adjectifs ou des participes passés notamment.

[16] Et il serait ici intéressant de savoir si les enfants espagnols, italiens ou encore anglais ont globalement une meilleure maîtrise de leur propre langue, notamment de niveau « soutenu », écrite et orale, réçue et émise. Si tel n’était pas le cas, il faudrait sans doute diminuer encore l’intérêt à porter à la réforme de l’orthographe proposée par A. Chervel.

[17] Car ce n’est pas seulement ni d’abord la maîtrise orthographique qui est devenue « l’apanage d’une classe cultivée », elle-même de plus en réduite, mais bien la maîtrise de la langue toute entière, sous sa forme « soutenue » et même « correcte ».

[18] A. Chervel écrit d’abord que « l'orthographe s'est transformée d'elle-même, naturellement, entre 1650 et 1835 », puis souligne, un peu plus loin, les conséquences des réformes religieuses du XVIe s. : « L'orthographe doit donc se simplifier pour que les larges masses puissent apprendre à lire. Vers 1650, on commence à supprimer des consonnes muettes à l'intérieur des mots (poictrine, cognoissance, escrire). En 1667, au soulagement général, les imprimeurs distinguent enfin le "i" du "j", le "u" du "v". Ce sont les points de départ d'une série de réformes qui s'opèrent en continu durant cent cinquante ans. ».

[19] A. Chervel écrit : « Les maîtres d'école, d'abord favorables aux réformes, virent de bord au XIXe siècle. »

[20] A. Chervel ne précise pas explicitement dans cet entretien s’il pense que les instituteurs actuels sont toujours mus par les mêmes mobiles.

[21] En particulier dans La reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement, Paris, Editions de Minuit, 1970.

[22] Je souligne.

[23] Je ne peux ici qu’indiquer de manière très insuffisante une direction : penser la langue non comme un instrument de communication mais d’abord comme un « milieu », symbolique, où se constitue la pensée même. La « vie » de ce milieu pourrait être décrite dans les termes simondoniens de la « transindividuation », et la situation actuelle comme étant caractérisée par une « dissociation » de ce milieu, provoquant notamment des difficultés d’appropriation.

[24] Sur ce point, les différents entretiens d’André Chervel cités ici mettent d’abord l’accent sur les finalités sociales et professionnelles de la maîtrise de la langue écrite : entrée dans des Grandes écoles, accès à certains emplois qualifiés, voire prestige social. C’est aussi dans un esprit très pragmatique et d’un geste très rapide qu’André Chervel congédie l’hypothèse d’une amélioration de l’enseignement de l’orthographe à l’école, en ces mots : « Si l'on voulait vraiment revenir au niveau des années 1920-1950, il faudrait que les élèves y passent au moins une heure par jour pendant la majeure partie de leur scolarité. On serait alors obligé de renoncer à des enseignements modernes qui sont d'une importance majeure. ». On aimerait savoir quels sont ces « enseigments modernes qui sont d'une importance majeure », et selon quels critères.

Commentaires

Logique toujours floue

Zéro en cyber-dictée:

Il semble que l'orthographe de mon post ne soit pas du  HTML acceptable par le CMS qui gère ce site. Je le reposte donc, les fautes en moins. Je n'ai pas changé le fond, ma pensée est restée identique !

Bonjour,
Dans cet article Julien Gautier met en lumière, avec raison,  une faiblesse du raisonnement d'André Chervel. Il nous montre que le problème est beaucoup plus la faiblesse de syntaxe et de vocabulaire de l'expression de certaines personnes que celui de l'orthographe, au sens strict.
Dont acte. Dans ce cas, nous n'avons donc pas à hésiter une minute, supprimons ces règles orthographiques de formes, inutilement complexes de doubles consonnes, de COD qui parfois s'accordent et parfois pas, de temps étranges aux conjugaisons improbables. Concentrons-nous sur l'essentiel : le sens, le fond. Economisons le temps énorme dans une scolarité passé à faire et refaire sans fin des dictées, pour travailler la clarté du discours, la précision du vocabulaire.
Le morceau de phrase "…une rhétorique qui font penser à ceux de la critique bourdieusienne de l’école,…" est tout aussi brillant et incompréhensible que "une rétorique qui fon pencer a ceu de la critik bourdieusiaine de l’école"
Inversement j'ai très bien compris la phrase "Ainsi, on le voit, aborder ce phénomène ample, complexe, et malheureusement assez généralasié, de la mauvaise maîtrise de la langue". Comme quoi personne n'est à l'abri d'une faute.
Bien cordialement.
 

on ne réforme pas une langue

Je me contenterai de répondre sur le fond.

Dans une langue "naturelle", ce que vous appelez "le sens, le fond" est en réalité, jusqu'à un certain point, indissociable de la "forme", et ces formes ou éléments formels d'une langue doivent selon moi être pratiqués et enseignés pour eux-mêmes, lors de l'apprentissage d'une langue : d'où aussi, à mes yeux, la nécessité de ces exercices "abstraits" et/ou de mémorisation répétitive. Il ne s'agit évidemment pas de ne faire que cela, mais ce n'est pas la pratique que vous semblez croire excessive des dictées et autres exercices formels (bien moindre qu'il y a trente ou quarante ans dans les faits) qui empêche de développer le "fond".

D'autre part, pour le dire en image, réformer politiquement une langue, comme M. Chervel ou vous-même le proposez, serait pour moi quelque chose comme tenter de réformer le climat - non pas une monnaie : je dirais, on ne réforme pas une langue, car ce n'est pas un instrument politique ou une institution publique, on doit prendre soin de son évolution. Par contre, réformons-en l'enseignement !

JG

ortograf

On ne réforme pas la langue, soit, mais l'orthographe n'est pas la langue même si un long dressage nous a convaincu du contraire.

Du français 'transkri fonétikman' ou en braille, c'est toujours du français.

Les espagnols, italiens, etc. on réformé régulièrement leur langues qui ont maintenent une 'ortografia' beaucoup plus 'fonética'. Sont-ils des paresseux nivellant pas le bas et oublieux de l'héritage gréco-latin?

La révoluçion de l'ortograf è començé é èl se propaje rapidemen -> www.ortograf.net

ortograf - suite

Bonjour,

Mon article n'avait pas pour but de défendre l'orthographe actuelle du Français, mais d'abord de soutenir qu'à mes yeux une réforme de celle-ci (quelle qu'en soit l'ampleur) n'aurait que peu d'intérêt et d'utilité, y compris par rapport aux enjeux soulevés par A. Chervel lui-même.

Je voulais aussi par là insister sur la nécessité et l'urgence de se pencher sur le problème de la maîtrise de la langue en général.

Quant à vos propositions de réforme de l'orthographe, telles que vous les exposez sur votre site, j'y ferai les objections suivantes :

- l'orthographe actuelle ne me semble en rien empêcher que les locuteurs prennent "possession" de leur langue, comme vous l'écrivez : de toute façon, une langue est très largement déterminée, dans son évolution, par les usages de l'ensemble de ses locuteurs. A vous aussi, je demande donc : A quoi servirait un tel changement ? Si vous appelez "possession" ce que j'appelle "maîtrise" de la langue, alors oui, il faut renforcer cette "possession", mais la question de la seule orthographe me paraît alors très insuffisante.

- plus profondément, il me semble que vous vous trompez quant aux relations qui existent entre langue parlée et langue écrite : la langue écrite n'a jamais eu pour seule fonction de transcrire simplement à l'écrit ce qui est dit à l'oral; il y a toujours un écart irréductible entre l'écrit et l'oral, et cet écart n'est pas un "défaut" de la langue écrite, mais fait au contraire sa spécificité; c'est pourquoi l'idée de réduire la langue écrite et son orthographe au rôle de transcription purement phonétique de la langue parlée, me paraît une fausse bonne idée voire un non-sens.

cordialement,

 

JG.

COMMENT réformer l'orthographe

Dans l'absolu, une orthographe qui consiste à écrire ce qui ne se prononce pas est totalement indéfendable.

Au niveau de l'argumentation, le préjugé orthographique est complètement pulvérisé par une trentaine de tracts d'une demie page chacun qui peuvent être chargés à l'adresse:

http://alrg.free.fr/ortograf-fr

Il reste alors un deuxième problème: faire la meilleure réforme possible. 

Une accumulations d'indices qui ne peut pas être due au hasard montre de manière évidente que les "marchands d'orthographe", notamment André Chervel et François Sébastianoff,  utilisent tous les stratagèmes imaginables pour que la réforme nécessaire soit perçue par le grand public comme un épouvantail.

François Sébastianoff et les gens de la même mouvance, c'est à dire les marchands de béquilles de l'échec scolaire, ne manquent pas d'appuyer le mouvement Ortograf.net du canadien Mario Périard, tout simplement parce qu'ils savent très bien que le pire y est mélangé avec le meilleur et que, de cette manière, ils sont sûrs que ce mouvement n'aboutira jamais à rien. 

Le code proposé par ce mouvement a été mis en place à l'intention d'enfants handicapés intellectuels, il ne rend compte que très très grossièrement de ce que peut être une prononciation normale soignée du français,  il ne peut pas être rigoureusement phonétique parce qu'il refuse à priori tout enrichissement de l'alphabet.. 

Quant à la pédagogie pratiquée par ce mouvement, elle équivaut à la méthode qui consisterait à jeter à l'eau un public non préparé pour lui apprendre à nager.

En décembre 2008, constatant à quel point la confusion entre les deux mouvements homonymes empêchait les choses de progresser, le mouvement Ortograf-fr s'est mis a pilonner les prises de positions du mouvement Ortograf.net, pour que les choses soient claires.

Pour avoir une première idée du projet proposé par Ortograf-fr, voir notamment l'article:

"Alphabet gréco-latin universel, alphabet phonétique français: principes d'écriture, utilisations immédiates":

http://www.alfograf.net/ortograf/images/tract/paj-134a140-701-globalphabet.pdf

Dans le même site "alfograf", la rubrique "Ecritures" montre les avantages de l'alphabet phonétique français par rapport à l'API, au niveau de l'aspect visuel comme au niveau de la palette des phonèmes pris en compte.

"Ortograf, expliquez votre réforme": 

http://alrg.free.fr/ortograf/mai-aout-2007/paj-152-703-expliquez-votre-reforme.pdf

 "Les réformes radicales mal ciblées, nouvelle stratégie des gourous qui nous imposent l'orthographe":

http://www.alfograf.net/ortograf/images/tract/d597-902-2p-reform-mal-ciblees-nelle-strateg-tract.pdf

.

ortograf.net et ortograf.fr même combat ?

Bonjour,

une remarque de forme d'abord : votre commentaire ne répond pas vraiment ni à l'article que j'ai publié, ni aux commentaires précédents, mais consiste essentiellement à exposer vos différends avec vos frères ennemis de ortograf.net, tout en faisant votre promotion, et ce en utilisant de plus des phrases déjà publiées ailleurs.... C'est dommage.

Sur le fond, après avoir parcouru vos sites respectifs, je crois que vous partagez avec ortograf.net l'essentiel, à savoir quelques présupposés très contestables quant aux rapports entre langue parlée et langue écrite, que vous réitérez ici, sans la moindre justification, lorsque vous écrivez : "Dans l'absolu, une orthographe qui consiste à écrire ce qui ne se prononce pas est totalement indéfendable"

Manifestement, cette proposition fonctionne pour vous comme un dogme; pour moi, ceci n'exprime qu'une conception naïve et platement utilitariste de la langue écrite. Or, l'écrit ne peut être réduit à la seule fonction de transcription de la parole - il y a un écart irréductible et fécond entre l'écrit et l'oral -, et plus généralement la langue n'est pas un simple outil de communication.

Quant aux divergences entre ortograf.net et ortograf.fr, elles ne reflètent que des différences "tactiques", qui ne remettent pas en cause le fond de la question : qu'est ce qu'une langue (en particulier écrite) ? qu'est-ce qu'une orthographe ? à quoi cela sert-il ? comment cela évolue-t-il ? et, de ce point de vue, que pourrait être une "politique de la langue", s'il doit y en avoir une ?

C'est sur ce plan et à ce niveau que j'aimerais qu'un véritable débat - et non une pure polémique, déjà livrée ailleurs - s'engage, et c'est pour cela que sont faits les commentaires.

cordialement,

JG.

ortograf

Désolé de vous décevoir mais l'alphabet a été nventé par des marchands phénicien sdans le seul but de transcrire ce qui ce dit. Que des élites pédantes en aient fait un autre usage au cours des siècles afin d'inhiber l'expression du plus grand nombre est une évidence qui ne justifie rien.

Dire que que l'orthographe ne devrait pas être phonétique est un non-sens. Elle n'est pratiquement que phonétique en se sens qu'elle tend à représenter des sons à l'aide de signe inventés inventés précisément dasns ce but. Le problème est qu'elle n'a pas été actualisée, elle reproduit des sons qui n'existent plus, elle décrit une langue qui est devenue autre. Écrire 'monsieur' était sensé quand on disait 'Mon Sieur' il serait plus juste d'écrire 'mesieu' aujourd'hui. Dans 80% des cas (Nina Catach) le français d'aujourd'hui demeure phonémique. Considérez la phrase suivante: "Il va dormir sur le sable fin à l'abri de la lune" ... parfaitement phonémique! Dépoussiérer le 20% d'incongruité épargneraient à nos enfants des années d'efforts inutiles qui pourraintt être mis ailleurs.

Prendre "possesion" de sa langue ne consiste pas à "maitriser" le port du corset que les maitres nous imposent mais de choisir le vêtement qui nopus semble le plus commode. Celui qui épouse véritablement notre corps.

Prendre possession de sa lang consiste à commençé à répandre un uzaje, à écrire otremen, sinplemen, séançe tenan, en s'apuiyan sur une norme conçu à çèt éffè si on le dézire. Prendre possession de sa lang consiste à ne pas attendre que le roi fasse la révolution.

 

ortograf

J'avè oublié un détay inportan. L'écar entre l'écri é l'oral ne tien q'a la nature fijé de l'écri é çèlle plu dynamic de l'oral. Ç'étè vrè du moin jusq'à ojourdui. Depui l'invension du magnétofone é dè tètxe numéric çèt diférençe devien obsolète.

 

écrit et oral

Je maintiens, malgré ce que vous dites trop rapidement des Phéniciens, que le phénomène humain de l'écriture - et, au delà, de l'inscription graphique : idéogrammes, chiffres, schémas, listes, tableaux, etc. - ne peut ni ne doit être abordé seulement en terme de transcription littérale des sons de la parole. Celle-ci, de plus, est une caractéristique très marquée des écritures alphabétiques. Que pensez-vous de l'écart entre l'écrit et l'oral dans les langues non-alphabétiques ? D'autre part ce que vous appelez la "nature figée" de l'écrit n'est autre qu'une de ses principales vertus, précisément : "verba manent, scripta manent". Et le magnétophone, même numérique, ne suffit pas en tant que tel à assurer toutes les fonctions de spatialisation et de discrétisation remplies par un texte : pour naviguer dans ces enregistrements comme on navigue aujourd'hui dans un livre, il faudra que l'audio se "littéralise", s'écrive, d'une manière ou d'une autre.

Vous semblez vouloir l'expression du plus grand nombre, moi aussi. Mais vous vous trompez de cible : dans cette optique, ce n'est pas l'orthographe française ni son prétendu retard, qu'il faut aujourd'hui combattre ou réformer, ce sont des forces beaucoup plus puissantes et actives - notamment, pour faire vite, des multinationales -, qui tendent de plus en plus à "inhiber" cette expression individuelle et collective. L'école française n'est plus, depuis assez longtemps déjà, un lieu de "discipline" et de "maîtrise" tel que vous le décrivez. De leur côté, la surveillance et le contrôle ne sont plus le monopole de l'Etat et de élites. Dans ce contexte, la bataille pour l'émancipation de l'orthographe française me paraît tout simplement dépassée et dérisoire.

JG.

ortograf...

Nous sommes d'accord sur plusieurs points. Le son enregistré n'est pas pratique sur le plan de la spatialisation. Je ne critique d'ailleurs pas l'écriture en tent que telle. L'écriture est irremplaçable, doit-elle rester figée et se couper de l'évolution de la langue pour autant?.

L'écriture idéographique illustre des concept au lieu des sons, bien sûr, mais en occident on a choisi un paradigme plus pratique, l'alphabet, c'est à dire un ensemble de signes qui représentent des sons. En France, on a fini par dériver vers un hybride ideographique/alphabétique, le pire des 2 mondes. On n'est jamais sûr en français si une lettre est muette ou non avant d'avoir appris TOUS les mots. Un hongrois ou un finlandais, par exemple, n'a qu'à apprendre une trentaine de lettre pour savoir écrire TOUS les mots. Un français doit apprendre par coeur l'écriture de 20 000 mots... comme les chinois!

Bien sûr, il y a bien d'autre problème que l'orthographe, la pression des grands groupes privés les institutions publiques me semble également très préoccupant sauf que le sujet ici c'est l'orthographe. Et puis, on  peut marcher et mâcher de la gomme en même temps.

Le débat sur l'orthographe peut sembler trivial. Il y a pourtant toute une lutte de pouvoir qui couvent sous la marmite. idéologie, lutte de classes, démocratie, répression, discrimination à travers l'apprentissage de l'orthographe. Cette apprentissage est l'apprentissage de la soumission à un dogme, à un arbitraire incontestable, hors du quel il n'y a point de salut. Croyez-vous que cela n'a pas d'effet sur la psyché d'un peuple? Croyez-vous que cela est anodin?

 

Orthographe

Pepe, alias Mario Périard, tu es bien timide pour dénoncer la collusion des marchands d'orthographe et des marchands de canons. 

Tu es bien obligé de prendre en marche le train que tu voudrais faire dérailler.  Ce que tu racontes timidement ici est par ailleurs mis très largement à la disposition du public par le mouvement Ortograf-fr, qui refuse désormais tout amalgame et toute confusion avec ton mouvement Ortograf.net.

Le code que tu proposes n'est même pas phonétique. Il a été mis au point à l'intention d'enfants handicapés intellectuels. Il ne rend pas compte de ce que doit être une prononciation soignée normale du français. 

Pour cette raison, il ne pourra jamais être adopté au terme d'une véritable réforme de l'orthographe française., et ça, tu ne peux pas l'ignorer, ne serais-ce qu'au vu des réactions que ton militantisme a provoqué sur internet depuis quelques années.

Lorsque des gens d'appareil encouragent ta démarche sur le forum Education de France 2, tu le sais très bien, c'est parce que ta démarche envoie dans une impasse tous les militants sincères qui auraient des chances de faire aboutir une vraie réforme. 

Sur le blog Ortograf nouvelobs, j'ai eu l'occasion de montrer comment ton éminence grise, François Sébastianoff, la taupe avaleuse de couleuvres, avait déjà, en d'autres temps provoqué l'échec d'une tentative de réforme profonde de l'orthographe, justement en lui faisant adopter un projet bancal et une politique analogues à ceux de ton mouvement Ortograf.net.

konfuzion?

Je ne crois pas vous connaitre M. Ortograf-fr pas plus que M. périard ou Sébastionnof d'ailleurs. je suis un militant d'Ortograf (.net) parmis des milliers d'autres, c'est vrai, mais il y a confusion, notre norme diffère celle adoptée pour des handicapés et elle n'a pas la prétention de n'étre que bêtement phonétique. Il y a l'API pour ça.

Maintenant. Auriez-nous la bonté de nous indiquer à nous les pauvres bouches tordus de Québecois, Marseillais, sénégalais, Louisianais.... quelle est la prononciation 'normale' du français telle qu'édicter par nos doctes académiciens?

 

Les accents régionaux sont

Les accents régionaux sont très chouettes, il n'empêche qu'une écriture normale du français se réfère à une prononciation normale.

L'existence des accents régionaux est un excellent prétexte pour développer une pagaille de plus en plus grande au niveau de la prononciation, comme on a d'ailleurs une pagaille de plus en plus grande pour la forme écrite de la langue.

Pour avoir l'air sérieux dans l'étude d'une langue, il est impossible d'éluder ce problème de sa prononciation normale. Ton objection montre qu'on est souvent loin du compte de ce côté-là. 

De leur côté, nos voyous ont fait à peine moins mal qu'Ortograf.net, pour l'inventaire des sons pris en compte et qui sont rendus par le  truchement de l'API. Mais j'ai déjà fait remarquer cent fois que cette codification ne rend pas compte de la différence entre voyelles longues et voyelles brêves, ni de la différence et/ê. Et bien sûr, il faut encore mentionner ici l'aspect complètement rébarbatif des graphismes utilisés dans cet alphabet.

Votre code Ortograf.net est nettement moins rébarbatif que celui utilisant l'API, parce qu'il est beaucoup plus proche de ce que nous avons l'habitude de lire, mais il est encore plus nul que l'API au niveau de la palette des sons qu'il est capable de rendre.

Aux imperfections de votre code, il faut ajouter les faiblesses de votre stratégie. On peut dire qu'elle consiste à se placer au milieu des roquets et à les faire aboyer en disant: "Elle est belle, ma réforme!"

Si tu ne connais pas Sébastianoff, tu as toutes les excuses.  A priori, il donne l'illusion  de vouloir une réforme radicale de l'orthographe. Mais ce marchand de béquilles de l'échec scolaire fait adopter des choix où le meilleur côtoie le pire pour être sûr que ce qu'il propose ne sera jamais adopté.

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orthographe et réforme, réponse à julien gauthier

Réponse à Julien Gauthier

"Mon article n'avait pas pour but de défendre l'orthographe actuelle du Français, mais d'abord de soutenir qu'à mes yeux une réforme de celle-ci (quelle qu'en soit l'ampleur) n'aurait que peu d'intérêt et d'utilité, y compris par rapport aux enjeux soulevés par A. Chervel lui-même"

Réponse:  D'une manière générale, les différents publics, y compris les intellectuels, se dépêchent d'oublier, sitôt sortis des études, le giganteque gâchis scolaire dû à l'orthographe. Il est vrai que celle-ci n'est pas seule en cause. Par exemple, elle se conjugue avec l'aventurisme pédagogique pour quadrupler ses effets. Penser par exemple  à la trop fameuse "méthode globale".

"Je voulais aussi par là insister sur la nécessité et l'urgence de se pencher sur le problème de la maîtrise de la langue en général."

Tout à fait d'accord. Ce problème mériterait d'être développé par ailleurs, mais il inclut en grande partie le problème de l'orthographe.

"Quant à vos propositions de réforme de l'orthographe, telles que vous les exposez sur votre site, j'y ferai les objections suivantes :

- l'orthographe actuelle ne me semble en rien empêcher que les locuteurs prennent "possession" de leur langue, comme vous l'écrivez : de toute façon, une langue est très largement déterminée, dans son évolution, par les usages de l'ensemble de ses locuteurs. A vous aussi, je demande donc : A quoi servirait un tel changement ? Si vous appelez "possession" ce que j'appelle "maîtrise" de la langue, alors oui, il faut renforcer cette "possession", mais la question de la seule orthographe me paraît alors très insuffisante."

Vous faites ici référence au discours de Ortograf.net, mais Ortograf-fr a développé une large argumentation dans le même sens. Par exemple, comme cela a été démontré avec "l'alfonic" d'André Martinet, avec une écriture phonétique, les enfants de cinq ans sont autonomes pour lire et pour écrire au bout de quelques mois. 

En comparaison,  le cafouillage dans la maîtrise du français concerne désormais fortement l'enseignement supérieur. Notre orthographe, qui est la plus imbécile, et de loin, parmi toutes les langues utilisant un alphabet latin, est la première responsable de cette situation, nonobstant un investissement pédagogique phénoménal.

La  redécouverte de l'idée d'écriture phonétique amène d'ailleurs à constater que ceux qui sont en principe les gardiens de la langue françoise ont laissé se développer le n'importe-quoi en matière de prononciation, ce qui complique singulièrement notre travail.

"- plus profondément, il me semble que vous vous trompez quant aux relations qui existent entre langue parlée et langue écrite : la langue écrite n'a jamais eu pour seule fonction de transcrire simplement à l'écrit ce qui est dit à l'oral; il y a toujours un écart irréductible entre l'écrit et l'oral, et cet écart n'est pas un "défaut" de la langue écrite, mais fait au contraire sa spécificité; c'est pourquoi l'idée de réduire la langue écrite et son orthographe au rôle de transcription purement phonétique de la langue parlée, me paraît une fausse bonne idée voire un non-sens."

Il est vrai ici que chaque moyen d'expression amène à créer un style qui lui est propre. Par exemple style lapidaire, lié à l'écriture sur les pierres, style bref, pour le courrier. 

Il n'empêche que nous avons là toute une intoxication collective, qui viole une vérité essentielle: si un message prononcé correctement est clair à l'oral, une écriture phonétique soignée de ce même message contient exactement autant d'information utilie que le message oral, et ne peut donc en aucune façon représenter un appauvrissement de son contenu.

Une constatation est ici évidente. Grâce à la censure soigneusement orchestrée par les syndicats d'enseignants,  par les fédérations de parents d'élèves et par les médias, vous n'avez même pas encore appris que les fameux arguments de "l'étymologie", de "la nécessaire différenciation des homonymes", du "patrimoine", du "génie de la langue française" sont complètement démolis quelque part.

Voir par exemple le tract intitulé: "Viv la dézinvoltur ortografik!". Il suffit de mettre le titre dans un moteur de recherche. (D'une manière générale, en faisant "ortograf" et en ajoutant d'autres mots-clés, vous trouverez très facilement des informations qui vous manquent)

Par rapport à cette censure, le mouvement Ortograf-fr possède encore un un atout décisif de plus par rapport au mouvement Ortograf.net. Pour nous, il n'est pas nécessaire d'attendre une très improbable adhésion des gens d'appareils et de la France intellectuelle profonde à notre projet pour espérer le voir aboutir. 

C'est le public le plus large qui découvre peu à peu qu'il est victime d'une gigantesque exploitation intellectuelle, où les gourous de l'orthographe jouent un rôle de premier plan. L'évolution vers l'indispensable réforme est énormément freinée pour le moment, mais elle est irréversible.

 

accent régionaux (suite...)

Accents régionaux M. Ortograf.fr? Paris est une région aussi, parmi d'autre.

Les italiens et les espagnols nous montrent la voie. L'Academia Real (pour l'espagnol), par exemple, se contente de dire que toute les lettres se prononce mais se refuse à élever au-dessus des autres une prononciation idéale émanant d'une région en particulier. tous se reconnaissent sur un pied d'égalité dans une graphie phonologique qui réflète un schéma sonore plutôt qu'un son très précis. L'andalou prononcera un 'o' ou un 'a' plus ouvert ou plus fermé, selon les mots, que le mexicain, mais il peuvent facilement lire ou écrire un mot "au son" le 'o' ou le 'a' représentent les divers degré d'aperture.

Avec une précision phonétique aussi maniaque que la votre, on risque de ne plus savoir spontanément comment écrire un mot au son en ne sachant pas précisement quelle pourrait-être la prononciation précise 'normale'. La majorité des francophones aujourd'hui vivent hors de France et n'ont qu'une vague idée de la prononciation 'normale'. Toutes les langue ont des variations régionales ce qui ne les empêchent pas d'être considéré comme une seule langue et d'avoir une écriture unifiée, heureusement.

Que des linguistes est besoin d'un outil plus fin, soit, il y a l'API pour ça. Avec votre système pointu il faudra écrire comme ont parle dans certains arrondissement de Paris ou avoir une centaine de système orthographique!

 

accent suite et fin

Dernière précision M.Ortograf-fr, avec une précision phonétique aussi maniaque que la votre, on risque de ne plus savoir spontanément comment écrire un mot au son en ne sachant pas précisement quelle pourrait-être la prononciation précise 'normale'. ce qui signifie que nous devrons apprendre à écrire, par coeur, chaque mot, comme actuellement, comme les chinois.

Votre projet de réforme est voué à l'échec comme ceux qui l'ont précécé parce qu'il consiste à remplacer un système il faut apprendre à écrire 20 000 mots, par coeur, par un sytème où il faut apprendre à écrire, par coeur, ... 20 000 mots!

Nous proposons plutôt des règles qui permettent de prévoir l'écriture de tous les mots à la population qui a d'autre besoin que ceux des linguistes.

Que des linguistes est

Que des linguistes est (aient) besoin d'un outil plus fin, soit, il y a l'API pour ça. Avec votre système pointu il faudra écrire comme ont (on) parle dans certains arrondissement de Paris ou avoir une centaine de système orthographique!

De quoi parlez vous, sinon de votre incompétence visible.

C'est bien là le problème : des borgnes qui croient faire disparaitre leur infirmité en désirant que tout le monde devienne borgne!

le fond plutôt que sur la forme

Cher invité (non-vérifié),

Je sais que je fais des "fautes" d'inattention mais que diriez-vous de critiquer maintenant mon intervention sur le fond plutôt que sur la forme...

Avez-vous eu la curiosité de prendre connaissance de l'argumentation du groupe Ortograf (www.ortograf.net) ?

De l'incohérence

Premièrement
Votre graphie par “manque d’attention” ne traduit pas votre pensée, voilà le problème et je suis obligé de faire un effort pour comprendre votre texte.A l’oral je l’aurais compris.
Je dois le relire à voix haute pour l’entendre et le comprendre.
Je ne peux saisir le sens de votre intervention à la simple lecture du texte.

Que vous ai-je fait pour que vous me compliquiez la vie.
Pourquoi ne pas faciliter la posture du lecteur, l’aider en quelque sorte à suivre votre pensée ?
Car je pense que c’est votre désir, comme tout communicant.

Deuxièmement
Je ne pourrais discuter et argumenter avec vous qu’à l’oral.
Cela ne pose aucun problème. Mais cela implique que je sache très bien parler pour bien communiquer. C’est vrai, quelqu’un d’autre l’a déjà dit.
Alors que comprenez vous à la lecture, si j’écris
Il ganiera pe-t ètre pe, mèz il pe-t être chanse.
Constatez la difficulté que je vous crée.
Et l’apaisement lorsque vous lisez ceci
Il gagnera peut-être peu, mais il peut être chanceux.
C’est de cela dont nous parlons : fluidité, aisance, empathie.
Désir de communiquer et d’être compris.
Un autre monde que le vôtre, quoi !

Enfin
Avez-vous pensé aux étrangers qui tentent d’écrire notre langue ?
Ils devront savoir la parler correctement et l’entendre subtilement avant de pouvoir la lire.
Imaginez la difficulté d’apprentissage des langues si tout le monde, y compris les non-francophones, utilisait votre système.
Comment justifier des R placés différemment en bouche, les nasales, les gutturales, etc… avez vous déjà essayé de parler une langue étrangère, et plus de l’écrire..?
Vous manifestez par là un nivellement par le bas, un égocentrisme (vous vous comprenez vous même, c’est tout) ainsi qu'une certaine paresse intellectuelle !
On voit aussi une fluctuation des règles par exemple :
Si s fait « ess » ou « ss » à quoi sert le ç dans parçe ou dans içi,  parse ou isi vont très bien.
Possession pourquoi pas posesion ou poçeçion
d’écrire non d’écrir………la norme non la norm……
Vous vous emmêlez vous même les pinceaux.
Et cela ne fonctionne que parce que vous savez parler la langue. Imaginez pour les autres.
Pourqoa fair simple quan-t on pe fair conpliqé
Je nadèr pa du tou o standar de l’ortograf altèrnativ
 

Incohérence ou koérans (c=/k/ ou c=/s/?)

Je réfuterai votre argumentation point par point et dans votre orthographe:

"...votre graphie par “manque d’attention” ne traduit pas votre pensée, voilà le problème et je suis obligé de faire un effort pour comprendre votre texte..."

Je croyais que c'était les ortografistes les feignants ;-)

"...A l’oral je l’aurais compris.
Je dois le relire à voix haute pour l’entendre et le comprendre.
Je ne peux saisir le sens de votre intervention à la simple lecture du texte..."

Quoi de plus normal, vous n'avez pas été habitué à l'ortograf altèrnativ.

"...Que vous ai-je fait pour que vous me compliquiez la vie.
Pourquoi ne pas faciliter la posture du lecteur, l’aider en quelque sorte à suivre votre pensée ?..."

Nous ne sommes pas que lecteurs, nous sommes aussi scripteurs. Vous pensez réellement que des milliers de règles et d'exceptions qui tiennent dans un livre de 300 pages c'est plus simple èa apprendre qu'une norme de quelques règles qui tient sur une seule page?

"...Je ne pourrais discuter et argumenter avec vous qu’à l’oral.
Cela ne pose aucun problème. Mais cela implique que je sache très bien parler pour bien communiquer. C’est vrai, quelqu’un d’autre l’a déjà dit.
Alors que comprenez vous à la lecture, si j’écris
Il ganiera pe-t ètre pe, mèz il pe-t être chanse.
Constatez la difficulté que je vous crée.
Et l’apaisement lorsque vous lisez ceci
Il gagnera peut-être peu, mais il peut être chanceux.
C’est de cela dont nous parlons : fluidité, aisance, empathie.
Désir de communiquer et d’être compris.
Un autre monde que le vôtre, quoi !..."

Personellement, je me suis déja adapté à l'ortograf ke vou dékrié. Vous semblez oublier que votre "comfort" de lecture dans l'orthographe de l'ancien régime, vous est venu après des milliers d'heures d'efforts (qui auraient pu être mieux employées). En ce qui nous concerne tous les deux, le mal est fait, mais pensez un peu aux générations futures qui pourraient goûter aux véritables fruits de leur LANGUE au lieu d'ânonner les "poux, hiboux, genoux..."

"..Avez-vous pensé aux étrangers qui tentent d’écrire notre langue ?
Ils devront savoir la parler correctement et l’entendre subtilement avant de pouvoir la lire....
Imaginez la difficulté d’apprentissage des langues si tout le monde, y compris les non-francophones, utilisait votre système..."

Demandez leur avis aux étrangers, juste pour voir. La complexité de notre orthographe les rebutent. D'ailleurs, si vous consultez une méthode de langue vous verrez qu'il y a toujours une "transkripsion fonétik" pour qu'ils puissent s'y retrouver. Notre orthographe tordue (la pire dans le monde avec le gaélique irlandais) est une cause du déclin de notre langue.

"...Comment justifier des R placés différemment en bouche, les nasales, les gutturales, etc… avez vous déjà essayé de parler une langue étrangère, et plus de l’écrire..?..."

Ne confondez pas phonétique et phonologie. Je parle et lis 5 langues. Les autres langues romanes nous montrent la voie avec une "otra" "ortografia" plus "fonetica" que la nôtre. Avez-vous accompagner un enfant ou un immigrant dans l'apprentissage de notre orthographe récemment?

"...Vous manifestez par là un nivellement par le bas, un égocentrisme (vous vous comprenez vous même, c’est tout) ainsi qu'une certaine paresse intellectuelle !..."

Dante et Cervantes nivellaient par le bas?
Se dire "qu'on a bossé des années pour apprendre l'orthographe alors qu'ils fassent tous de même...", n'est-ce pas un peu égocentrique?
Ne pas être capable d'imaginer une autre manière d'envisager l'écriture, ne pas vouloir changer la moindre de ses habitudes de lecture/écriture, n'est-ce pas aussi de la paresse intellectuelle?

"...On voit aussi une fluctuation des règles par exemple :
Si s fait « ess » ou « ss » à quoi sert le ç dans parçe ou dans içi,  parse ou isi vont très bien.
Possession pourquoi pas posesion ou poçeçion
d’écrire non d’écrir………la norme non la norm……..."

Si vous aviez pris la peine de lire la norme Ortograf (www.ortograf.net - 5 minutes, même un paresseux y consentirait), vous auriez su qu'on permet, temporairement, l'utilisation de quelques signes de substitution et le doublement des consonnes afin de ne pas trop brusquer les habitudes des plus conservateurs, c'est au choix du scripteur. La forme de base est 'posesion" mais on peut décider d'écrire 'possession', même chose pour isi/içi. Pendant 1000 ans l'orthographe française a été assez flexible (ex. Hugo écrivait 'tem' au lieu de 'temps') et personne ne s'en portait plus mal. D'ailleurs les graphies multiples existent encore: lis/lys, clé/clef, etc.

"...Et cela ne fonctionne que parce que vous savez parler la langue..."

Bien sûr! Une LANGUE, c'est essentiellement parlé et accessoirement écrit. L'alphabet a été inventé pour transcrire des SONS et on tente d'en faire des idéogrammes. L'orthographe française est une régression.

"...Pourqoa fair simple quan-t on pe fair conpliqé..."

Parce ce que, bien sûr, une norme comportant des milliers de règle et d'exceptions qui s'apprennent en 15 ans c'est plus simple qu'une norme qui tient sur une carte de visite et qui s'apprend en 15 minutes!!!

"...Je nadèr pa du tou o standar de l’ortograf altèrnativ..."

C'est votre droit le plus strict et nous réclamons également le droit d'adhérer à une autre norme (que celle de l'ancien régime) sans être ostracisés. A qui appartient la langue?

Oui, je sais il y a des "fautes"

Oui, je sais il y a des "fautes":

La complexité de notre orthographe les rebuteNT...,

ETC.

ETC...

Orthographe, 2009: voici venu le temps des réformes ratées




Orthographe, 2009: voici venu le temps des réformes ratées

 

A - L'audace de la réforme, mais c'est pour faire aboyer les roquets

 

Début 2009, après des lustres de silences assourdissants sur l'absurdité de l'orthographe française et sur ses dégâts, la perspective d'une vraie réforme vient à l'ordre du jour.

 

"Il faut absolument réformer l'orthographe", annonce un haut responsable de l'Education Nationale française, André Chervel dans le journal suisse "Le Matin Dimanche" du 4 janvier. Il fait écho au canadien Mario Périard, qui proclame depuis quatre ans "La révolusion de l'ortograf è komansé è èl se propaj a la vitès d'un virus".

 

Si l'on en juge par les résultats, le but de ces deux initiatives, c'est de déclencher un concert de protestations, pour bloquer un peu plus la situation.

 

B - Des propositions loufoques pour une même logique de l'échec

 

Aux meilleures idées, le projet de Mario Périard comme celui d'André Chervel associent les propositions les plus loufoques. Etant donné le niveau de réflexion où ils se trouvent, on a du mal de croire que ça puisse être innocent.

 

Par rapport à l'orthographe actuelle, ces dangereux réformateurs quittent la berge pour s'arrêter au milieu du gué. Les exemples d'orthographe simplifiée qu'ils proposent sont des hybrides non viables entre l'orthographe que nous connaissons et celle qui serait purement phonétique. Ils n'ont qu'une règle: celle de l'incohérence.

 

Dans son interview sur Le Matin Dimanche, André Chervel ne pipe pas un mot de l'orthographe grammaticale. Il est pourtant bien placé pour savoir que c'est uniquement à cause d'elle si l'apprentissage du français est deux fois plus compliqué que celui de l'anglais.

 

Quant au code proposé par Mario Périard, il a été conçu au départ à l'intention d'enfants déficients intellectuels. L'inventaire des sons qu'il prend en compte est encore plus pauvre que celui qui est fait au moyen de l'API, le fameux alphabet phonétique rébarbatif. Comme l'API, le code de Mario Périard ne fait pas la différence entre voyelles brèves et voyelles longues (u/ue; i/ie, ou/oue, etc.), comme l'API, il ne fait pas la différence et/ê (exemple: pet/paix). Pour faire pire que l'API, il ne fait pas la différence o/ô (exemples: pomme/paume, sot/seau).

 

Chervel et Périard ont tout de même - semble-t-il - entrevu une évidence: L'écriture phonétique rigoureuse d'un message contient exactement autant d'information que le même message énoncé oralement et ne peut donc absolument pas représenter un appauvrissement de la langue.

 

Mais une écriture phonétique fonctionne suivant la correspondance: une lettre par son, un son par lettre. Et là, nos intrépides réformateurs font semblant de croire que jamais aucun inventaire des sons normaux de notre langue n'a jamais pu exister. Ils rejettent d'emblée l'idée d'une éventuelle actualisation de l'alphabet permettant d'attribuer une lettre propre à des sons qui n'en sont pas pourvus.

 

 

C - Pour la codification de la nouvelle orthographe, nos réformateurs va-t-en-guerre voudraient interdire l'utilisation de tout nouveau signe. Pendant ce temps, nos décideurs ont tout le loisir de faire du n'importe quoi en matière d'alphabet, les roquets restent silencieux.

 

Bizarrement, vers 1975, pour l'écriture phonétique du français, un alphabet phonétique particulièrement sordide, adopté honteusement, en catimini, n'a pas suscité la moindre protestation.

 

Cet alphabet est particulièrement rébarbatif parce que sur une quarantaine de lettres, on en trouve seulement une quinzaine dont l'usage soit conforme à nos habitudes. Pour environ la moitié de ses lettres, les graphismes sont originaux par rapport à ce qui nous est familier. D'autre part, il utilise la lettre y pour le son u, la lettre u pour le son ou, lettre e pour le son é, lettre o pour le son ô, etc.

Voir le tract intitulé: "Interdiction de l'API demandée pour nos écoles, lycées, collèges"

http://alrg.free.fr/ortograf-fr/filodujour-1-fin-08/d155-812-1p-interdiction-api-tract.pdf

 

D - Des incohérences cohérentes

 

Les propositions de Chervel et de Périard sont conformes avec les habitudes que nous pouvons connaitre chez le Mammouth: En matière de réformes, celui-ci a l'habitude d'avancer comme un âne qui recule.

 

Le travail de ces va-t-en guerre est calculé pour être contre-productif. Par leurs bons soins, l'idée de réforme devient un épouvantail pour le grand public.

 

Proposer des réformes ratées est en fait la seule marge de manoeuvre dont les défenseurs de l'orthographe puissent encore disposer. Tous leurs arguments traditionnels et toutes leurs techniques de manipulation ont été démolis par les conférences de Joseph Maire et par les tracts Ortograf-fr. Ils ont perdu à la fois toute autorité intellectuelle et toute autorité morale. Seule leur reste la possibilité de faire semblant d'adopter les thèses de l'adversaire pour essayer de les discréditer.

 

Naturellement, le projet proposé par Ortograf-fr est infiniment plus confortable, plus sûr et plus efficace que tout ce qu'ils pourront jamais inventer. Contactez nous pour des exposés.

 

Pour charger le présent document au format pdf sur une page A4, cliquer ici.

 

http://www.alfograf.net/ortograf/images/tract/d611-904-l-voici-venu-reformes-bidon-tract.pdf

 

Ortograf-fr  

Louis Rougnon Glasson , F-25500 Montlebon

tél: +(33)(0)3 81 67 43 64

sites: 1°) http://alrg.free.fr/ortograf et ortograf-fr

2°) http://www.alfograf.net

3°) ortograf nouvelobs

doc 611 - 2009 - 04

 

Gautier: Critique de la réforme de l'orthographe d'André Cherv

"La langue" et l'orthographe sont deux systèmes différents. En modifiant la dernière on ne change nullement la première. Autrement dit, une réforme orthographique ne transforme que l'orthographe, pas "la langue". Donc, dire que par une réforme de l'écrit on n'améliore pas les déficits en matière de style soutenu, de grammaire, de construction de phrases etc. etc. apparait, à première vue correcte. Mais croire qu'on possède par là un argument valable contre une réforme du code écrit est profondément erroné.

C'est le grand Ferdinand Brunot qui démontre l'effet positif d'une réforme drastique de l'orthographe pour une meilleure maitrise de "la langue":

L'orthographe est le fléau de l'École.

Absorbé dans la seule préoccupation d'enseigner à écrire correctement, le maître laisse trop souvent de côté ce qui serait le plus utile objet de l'institution grammaticale : apprendre à bien parler, c'est-à-dire à prononcer justement et sans accents ridicules, à se servir avec exactitude des mots, à faire connaissance avec ceux qui sont rares ou savants, à construire des phrases, à éviter les barbarismes et solécismes en usage dans chaque province. Conduire cette étude par une combinaison adroite de lectures analysées et d'exercices théoriques, voilà qui serait un programme de langue française."

 

Ce qui était vrai en 1905 l'est encore plus aujourd'hui. Si l'on constate avec M. Gautier qu'en dehors de l'orthographe,  la maitrise de "la langue" laisse de plus en plus à désirer, c'est aussi dû au fait qu'on gaspille trop de temps avec l'apprentissage d'une orthographe impossible à maitriser au détriment d'un meilleur enseignement de "la langue".

Sans être une panacée, une réforme orthographique en profondeur rendrait l'accès au domaine de l'écrit plus facile, surtout à ceux qui en sont exclus aujourd'hui (entre 2 et 3 millions d'illettrés en France), mais également à celui de "la langue" en général, ainsi qu'au monde culturel, scientifique et politique.

En démocratie, la démocratisation d'une orthographe 'monarchique' devient un devoir. L'orthographe doit se transformer en ortograf.














Orthographe

Je ne crois pas un seul instant qu'une simplification de l'orthographe la rendrait plus "praticable" par tous. Vous trouverez toujours des gens que cette simplification n'arrangerait pas : les forts évidemment, mais surtout les faibles qui feront des fautes sur les simplifications. L'orthographe ne se réforme pas, elle est comme la vie, elle se déroule : l'homme ne domine pas l'orthographe, il la vit.

Myriam, de http://www.mrpari.com/betclic/

 

 

 

critique du dernier projet ( Chervel) de réforme de l'othographe

Ce n'est pas la première fois que de bons esprits viennent soudain se donner l'importance qu'ils peuvent face aux enseignants, journalistes de presse écrite, écrivains, penseurs, intellectuels, linguistes, lexicographes, et autres savants.

Ils prétendent prendre fait et cause pour les millions de potaches, qui suent sang et eau et néanmoins sèchent copieusement sur leurs dictées, et in fine sont incapables, en dépit de tant d'efforts, d'écrire une page sans faire moins de dix fautes d'orthographe.

Oyez, oyez, bonnes gens! Chervel et ses amis ont trouvé la solution. Yaka, focon réform l'ortograf. On va même nous simplifier tout ça vite fait. D'ailleurs, les élèves ont déjà largement simplifié toutes sortes de choses, les professeurs ont appris depuis longtemps à les lire (entre larmes de sang et éclats de rire). Chervel devrait consulter les élèves, lire les copies du bac: une mine, pour son expertise en simplification.

Les usines qui fabriquent l'encre rouge ont du souci à se faire. D'autres industriels aussi. Au moment de la naissance de l'euro, un ami m'a envoyé le texte suivant:

"

Bruxelles, le 14 octobre 2001 (AFP)
 
 
La commission européenne a finalement tranché : Après la monnaie unique, la commission européenne va se doter d’une langue unique, à savoir le français.
Trois langues étaient en compétition : le français (parlé dans le plus grand nombre de pays de l’Union), l’allemand (parlé par le plus grand nombre d’habitants de l’Union) et l’anglais (langue internationale par excellence).
L’anglais a vite été éliminé pour deux raisons : l’anglais aurait été le cheval de Troie des Etats-Unis et les Britanniques ont vu leur influence limitée au profit du couple franco-allemand à cause de leur réticence légendaire à s’impliquer dans la construction européenne. Le choix a fait l’objet d’un compromis, les Allemands ayant obtenu que l’orthographe du français, particulièrement délicate à maîtriser, soit réformée, dans le cadre d’un plan de cinq ans, afin d’aboutir à l’eurofrançais.
1. La première année, les sons actuellement distribués entre [s], [z], [c], [k] et [q] seront répartis entre [z] et [k], ze qui permettra de zupprimer beaukoup de la konfuzion aktuelle.
2. La deuzième année, on remplazera le [ph] par [f], ze ki aura pour effet de rakourzir un mot komme « fotograf » de kelke vingt pour zent.
3. La troizième année, des modifikazions plus draztiques zeront pozzibles, notamment ne plus redoubler les lettres ki l’étaient ; touz ont auzi admis le prinzip de la zuprezion des « e muets », zourz éternel de konfuzion en efet, tou kom d’autr letr muet.
4. La katriém ané, les gens zeront devenu rézeptif à dé changements majeurs, tel ke remplazé le [g], zoi par [ch] - avek le [j] - zoi par [k], zelon lé ka, ze ki zimplifira davantach l’ékritur pour touz.
5.      Duran la zinkièm ané, le [b] zera remplazé par le [p], et le [v] zera lui auzi apandoné au profi du [f], éfidamen on kagnera ainzi pluzieur touch zur no klavié.
 
Un foi ze plan de zink an achefé, l’ortograf zera defenu lochik, et lé chen pouron ze komprendr et komuniké.
 
Ponn chourné!!!"
 
Plus sérieusement: on nous donne un os à ronger. pendant ce temps, on ne traite pas le vrai problème., ne tombons pas dans ce piège grossier.
J'ai appris l'orthographe, comme pas mal de gens de par le monde, et n'ai pas conscience d'avoir accompli un exploit.
Une langue est un organisme vivant, qui évolue au fil du temps.
l'écrit est porteur de sens, et d'histoire. Ecrire "ortograf" c'est penser une ressemblance phonétique avec rafio. Dans quelle galère...?
Un candidat au brevet des collèges, il y a une petite trentaine d'années, écrivait "l'eau pitale", et aussi la "pati noire". Un lycéen, à la même époque, écrivit "on a découvert le poteau rose".
l'examinateur comprend ce que veut dire le candidat. Pirale comporte la marque du féminin, ce qui est souhaitable pour qualifier l'eau, substantif féminin. Le mot "poteau" est écrit correctement, "rose" aussi. L"orthographe n'est pas en cause ici, le sens de l'expression est inconnu, et il est plus accessible si on lit "pot aux roses", et qu'on cherche dans un dictionnaire de langue "pot", ou "rose".
A propos, les dictionnaires dans les foyers comme dans les bibliothèques du monde entier, qui les simplifiera? Qui simplifiera toute la production écrite des auteurs français?  je trouve scandaleux que M. Chervel ne prenne pas en charge tout de suite les frais de ce travail. Qu'il ne compte pas sur le contribuable français pour saboter son patrimoine linguistique et culturel.
D'ailleurs, son délire est impossible à mettre en oeuvre. Merci M. Chervel, votre projet est signé. Vous ne connaissez rien aux lois très précises qui conditionnent l'évolution des langues. Puisque vous êtes spécialiste en sciences de l'éducation, peut-être seriez-vous prêt à vous pencher sur le cauchemard des littéraires lorsqu'ils tentent de comprendre quelque chose aux mathématiques, à la physique et aux formules de la chimie. A mon avis, il y a des simplifications merveilleuses à y apporter. le monde entier vous en serait reconnaissant.

 

Récapitulons

Récapitulons.

a) "Seule une réforme profonde pourrait apporter à l'orthographe du français les améliorations nécessaires, et une réforme profonde est actuellement impossible" (Nina Catach, "L'orthographe", coll.: "Que sais-je?")

b) Or,  "impossible n'est pas français" (Devise des marchands d'orthographe quand ils réclament "plus de moyens" pour remplir leur tonneau sans fond.

Une vraie réforme de l'orthographe est donc certainement possible. 

Elle serait même très facile. Notamment, nos décideurs avaient toute latitude de la programmer vers 1975, au moment où ils nous ont imposé par la ruse l'écriture phonétique du français la plus sordide que l'on puisse imaginer.

Dans cette manière d'écarter la réforme nécessaire et présentant ous les atouts pour être parfaitement réussie, on retrouve une constante de notre Education Nationale depuis la fin de l'école de Jules Ferry vers 1960.  Toutes les réformes mises en place ont été soit médiocres, soit ratées, comme si elles étaient guidées par la logique: "y a trop de gens qui veulent trp en savoir".

Parallèlement à la carence de l'indispensable réforme dont il est question ici, on a eu notamment les initiatives foireuses suivantes: méthode globale, maths modernes, targette à pêne plat, grammaire structurale, ..., et pour finir, la suppression de deux heures de cours hebdomadaires, pour tous les enfants du primaire ayant une scolarité normale, à la rentrée 2008.

Pour toutes ces réformes ratées, et pour le black out concernant les dégâts de l'orthographe actuelle, on observe une connivence entre tous les détenteurs de pouvoir, c'est à dire, d'une part la classe dirigeante traditionnelle, d'autre part l'appareil du Mammouth, syndicats compris.

Rien d'étonnant si nos défenseurs de l'orthographe se répartissent alors en deux catégories:

1°) les gourous, les manipulateurs, les intellectuels voyous. Ils auraient eu depuis toujours la possibilité de faire une réforme optimisée. Même en cas de réforme ratée, grâce à l'immaturité politique française, tout le monde leur aurait obéi avec le petit doigt sur la couture du pantalon.

2°) les trop naïfs adeptes de ces gourous, les Vaillants Défenseurs de l'Orthographe. 

Ils sont ridiculisés dans une panoplie de tracts Ortograf-FR, dont la rediffusion spontanée est incontrôlables, tandis que leurs gourous sont diabolisés par les mêmes tracts. ( voir: "Diaboliset ET ridiculiser, c'est mieux!")

Les gourous utilisent toutes les ruses pour bloquer la situation actuelle, qui constitue une affaire particulièrement juteuse pour l'industrie des marchands de béquilles de l'échec scolaire.

La principale ruse qu'ils utilisaient naguère, c'était la sacralisation de leur orthographe de voyous. Cette sacralisation n'est plus guère utilisable à cause des révélations subversives de Ortograf-fr.

Mais, pour défendre la "forteresse orthographe", ces gourous ont maintenant une stratégie de rechange : c'est l'utilisation des réformes profondes mal ciblées, pour effrayer le public. L'astuce consiste à mélanger le meilleur avec le pire, pour exacerber les réactions de rejet.

Les deux manifestations actuelles de ce choix stratégique, c'est d'abord "l'ortograf altèrnativ" du mouvement Ortograf.net, avec Mario Périard, Pepe, Sébastianoff.  Cette ortograf alternativ est précieuse pour eux en raison de ses défauts et de son effet d'épouvantail

L'autre manifestation de cette stratégie des réformes profonds mal ciblées se trouve dans les propositions passablement loufoques d'André Chervel, alors que celui-ci aurait certainement toutes les compétences pour optimiser  ses propositions s'il en avait réellement envie.

Vers 1986, François Sébastianoff, professionnel de l'orthographe, a coulé l'association Ortograf-ADEC dont il était vice président. Pour cela, il a d'abord utilisé une phrase-épouvantail d'André Chervel: "La démocratisation de l'enseignement ne passe pas par la réforme de l'orthographe, elle passe par la suppression de l'orthographe".

D'autre part, pour couler ladite association, Sébastianoff  lui a imposé un projet et une stratégie analogues à ce qui est suivi actuellement par le mouvement Ortograf.net de Mario Périard avec son ortograf altèrnativ.

Demandez un exposé sur le thème "Orthographe: la réforme très facile". 

Et surtout, ne confondez pas Ortograf-fr avec Ortograf.net: celui-ci donne l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire.

Ortograf-fr (Louis Rougnon Glasson)