A propos de "Portraits de maîtres", les profs de philo vus par leurs élèves

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... C’est pourquoi on sort très déçu de la lecture de Portraits de maîtres, les profs de philo vus par leurs élèves. On attendait beaucoup plus hauteur de vue et de conceptualisation. Au lieu de cela, on a affaire une succession d’anecdotes superficielles – ainsi, on a droit à nombre de descriptions physiques et vestimentaires à l’intérêt limité, dont l’accumulation donne une impression d’uniformité lissant toute singularité. Tout devient particularisé : les détails n’apparaissent plus que comme des bizarreries, et la question du style, c’est-à-dire de la façon dont le professeur incarne quelque chose qui le transcende, n’est au fond pas véritablement abordée, tout du moins pas conceptuellement, sauf à verser dans un lyrisme au final bien peu heuristique.

On conçoit que les différents auteurs aient voulu témoigner d’une rencontre qui les a transformés et veuillent faire œuvre de reconnaissance.  Mais on peut se demander quel est l’intérêt d’une telle entreprise si ce n’est une curiosité de celle qui pousse à lire la presse people. D’autant que cette répétition s’avère très vite lassante. Certes, certains articles sont plaisants. Mais l’ensemble est bien peu original, et on a très vite l’impression de lire la même chose. On peut douter de la pertinence de la publication d’un tel ouvrage, surtout par une maison prestigieuse comme les éditions du CNRS.