L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation.
Emmanuel Kant, Propos de pédagogie.

Spinoza et l'enfance - Actes de la journée d'étude du 3 juin 2017 à la Sorbonne

Spinoza et l’enfance

Enregistrements video (et versions écrites) des interventions de la journée d'étude organisée par Pascal Sévérac, avec la participation de la revue Skholè et de Julien Gautier, qui s'est tenue le samedi 3 juin 2017 à l’université Paris 1 Panthéon – Sorbonne.

Changer d’école ou réapprendre à lire ? Discours sur la réforme et finalités de l’école, par Véronique Taquin

En prétendant réduire les inégalités par l’école, des réformateurs « progressistes » ont rejeté des méthodes d’apprentissage indispensables, et l’idée même de méritocratie. Effet pervers : les élèves de classe populaire sont les premières victimes de ces leurres idéologiques, qui affectent l’ensemble de l’édifice républicain. Cet article confronte deux discours sur l’école et exerce un droit d’inventaire. Sous prétexte que l’école reproduit en grande partie les inégalités socio-économiques, on a délaissé sa fonction émancipatrice. Il faut repenser ce que l’école peut faire, et ce qu’elle doit faire.

Thélème à l’épreuve des Comue, réflexions sur l'enseignement supérieur, par Pierre Statius

Il s'agit pour l'auteur, dans cet article, de considérer la période qui va de 2007 à 2017 et qui a vu se mettre en place des politiques publiques nouvelles pour les universités françaises. Quelle est la logique globale de la décennie, quels sont les points faibles et les points forts de ces politiques? Ne peut-on y repérer des contradictions qui risquent, à terme, de miner les universités à la fois sur le plan institutionnel et sur le plan intellectuel ? Afin de proposer un jugement raisonnable, l'auteur envisage successivement la question de l'organisation des universités, la question de la recherche universitaire et la question de la sélection à l'université.

Les sections européennes : une ambition pour l’école du XXIème siècle, par René Chiche

L’Europe constitue l’avenir et le nouvel horizon de la jeunesse d’aujourd’hui. Nul ne peut désormais sérieusement penser l’école du XXIème siècle en dehors de ce cadre, qui impose autant qu’il propose à tous les acteurs de l’éducation, en sus de la mission traditionnellement assignée à l’institution par la République d’assurer les conditions de sa conservation, une nouvelle ambition, celle d’instituer le citoyen européen par la culture de son identité européenne. L’Europe n’a pas d’avenir en laissant l’école de côté, et réciproquement l’école n’a d’avenir qu’au sein de l’Europe. Reste à promouvoir ce qui, d’une telle articulation, peut produire le meilleur au lieu de reproduire le pire.

Interview de Nathalie Bulle par Amina Bejaoui et Benjamin Vavon pour le collectif d’étudiants Ad Honorem

Interview de Nathalie Bulle, le 13 mars 2017, par Amina Bejaoui et Benjamin Vavon pour un collectif d’étudiants, Ad Honorem, dans le cadre d’un projet radiophonique destiné à discuter et débattre autour de thématiques ayant trait à l’histoire et s’ouvrant à d’autres disciplines. Le thème de l’émission portait sur le rôle politique et social de l’histoire, en particulier de l’éducation, dans les sociétés passées et contemporaines, son utilisation et son instrumentalisation par celles-ci.

Spinoza et Moïse : enfance du chef et advenir national, par Isabelle Sgambato-Ledoux

Texte de l'intervention d'Isabelle Ledoux et de la réponse de Pascal Sévérac en vue de la journée d'étude "Spinoza et l'enfance" du 3 juin 2017.

Enfance et activité chez Spinoza (ou bac à sable et causalité adéquate), par Frédéric Lordon

Texte de l'intervention de Frédéric Lordon lors de la journée d'étude "Spinoza et l'enfance"

De l’enfance chez Zourabichvili, au regard de l’hilaritas, par Laurent Bove

Textes de l'intervention de Laurent Bove et de la réponse de Marion Blancher lors de la journée d'étude "Spinoza et l'enfance" du 3 juin 2017 à la Sorbonne.

Spinoza, une pensée féconde pour la clinique psychomotrice, par Bernard Meurin

Textes de l'intervention de Bernard Meurin et de la réponse de Nicolas Mathey lors de la journée d'étude "Spinoza et l'enfance" du 3 juin 2017 à la Sorbonne.

La pédagogie inversée : une pédagogie archaïque, par Alain Beitone et Margaux Osenda

Nous avons un point d’accord au moins avec les thuriféraires de la pédagogie inversée : cette « innovation pédagogique » rencontre un succès fulgurant. Mais deux questions ne sont pratiquement jamais posées : Qu’est-ce qui est enseigné aux élèves ? Cette méthode d’enseignement est-elle efficace ? Dans ce texte nous avons deux objectifs. Le premier consiste à synthétiser la façon dont les partisans de la classe inversée présentent leur méthode et à poser un certain nombre de questions sur l’innovation ainsi proposée. Le second consiste à étudier neuf « capsules vidéo » consacrées à l’enseignement des sciences économiques et sociales en vue d'un enseignement en classe inversée.

L’éducation comme éthique : Spinoza – II – Les affects de l’éducation, par Pascal Sévérac et Ariel Suhamy

Comme nous l’avons vu dans notre texte précédent (« L’éducation comme éthique : Spinoza avec Vygotski – I – Fondements anthropologiques »), l’éducation chez Spinoza, entendue au sens d’une aide au développement cognitif de l’enfant et d’une conduite de ses conduites, met en jeu avant tout la question des affects. Le texte qui suit traite des différentes formes affectives d’éducation qui peuvent être déduites de la philosophie spinoziste. Resterait (pour un travail ultérieur ?) à articuler ces considérations spinozistes sur l’éducation avec les recherches menées par Vygotski sur la psychologie de l’enfant.

Éduquer pour obéir ou obéir pour s'éduquer à la vertu, par Cyprien Coste

Spinoza et Hobbes partagent beaucoup de points communs concernant les rapports entre l’Église et l’État. Pourtant, leurs théories diffèrent sensiblement sur la question de l'éducation. Notre projet est de montrer que contrairement à Hobbes, pour qui l’État doit subordonner la question de l'éducation religieuse et politique à la question de l'obéissance, Spinoza semble superposer deux modèles d'éducation. Le premier modèle serait à rapprocher de Hobbes : autorité civile, subordination de l'éducation religieuse à l’État, ou encore imposition des normes sociales par le droit du Souverain. Cependant, nous voudrions montrer que Spinoza propose un autre modèle, y compris dans le Traité théologico-politique, et que l'on pourrait appeler de manière sommaire une éducation non-autoritaire.

Capoeira : expérience motrice dans une école élémentaire, par Patricia Keravec Santos

Ce projet, validé par le ministère de l’Éducation nationale, a eu pour objectif de présenter la capoeira Angola comme instrument pédagogique dans une école primaire. Il a globalement amélioré l’écoute et l’attention des élèves, tant lors du cours de capoeira que dans l’école en général et a permis aux élèves de découvrir une nouvelle expression motrice. Même avec quelques difficultés, dont celle de chanter dans une autre langue, la mise en place de ce travail avec les enfants et les enseignantes aura permis de créer un beau spectacle à la fin de l’année : une ronde de capoeira angola.

La société en réseau : une société d’insectes ?

La notion de réseau a envahi le discours contemporain et tend à devenir le modèle implicite ou explicite pour penser et organiser l’ensemble des rapports sociaux : la ville, le quartier, l’entreprise, l’école, et finalement la société toute entière sont sommés de fonctionner désormais « en réseau », de manière fluide et décentralisée, en interconnexion permanente, comme sur la toile du web. Mais si la réticularité numérique offre bien des possibilités nouvelles et prometteuses en matière de relations sociales, il faut rester lucide sur ses limites et ses profondes ambivalences. Le réseau : promesse d'une convivialité renouvelée du vivre-ensemble ou soumission de la vie humaine tout entière à une gouvernance algorithmique ? L’alternative est loin d’être tranchée.

A propos de "Enfantillages outillés, un atelier sur la machine" - Entretien avec Fanny Béguery et Adrien Malcor

Les éditions l’Arachnéen ont publié en 2016 un ouvrage magnifique et passionnant intitulé Enfantillages outillés, un atelier sur la machine, qui retrace une expérience menée pendant l’année scolaire 2012-2013 avec une quarantaine d’enfants âgés de 4 à 10 ans, élèves de trois écoles primaires de la vallée de la Dordogne. Nous vous proposons ici une présentation de l'ouvrage ainsi qu'un entretien avec les deux auteurs, accompagné de quelques dessins extraits du livre.

L’éducation et l’école au cœur de la campagne présidentielle ?, par Pierre Statius

En partant du livre que Jean-Michel Blanquer consacre à la réforme nécessaire de l’école, nous avons explicité et présenté les principes qui doivent guider cette réforme. Ce sera le travail du prochain président de la République que de substituer, aux simples ajustements techniques, un projet d’envergure qui permettra de recomposer l’école de la république.

La formation éthique des professeurs de la République, par Erick Prairat

L’éthique a longtemps été une question oubliée, absente des plans de formation, considérée au mieux comme un supplément d’âme. Elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène, on ne peut que s’en réjouir, encore faut-il savoir proposer une véritable formation éthique. Cet article se propose précisément d’esquisser les grandes lignes de ce que pourrait être une formation éthique des professeurs de la République. Il suggère quatre moments ou plus exactement quatre pôles. On peut les nommer en mettant l’accent sur les activités proposées (le travail d’élucidation, l’exercice du jugement, l’appropriation critique, l’expérience réfléchie) ou en soulignant ce qui est convoqué à titre de support dans ces différentes activités (la notion, le conflit moral, l’exemple, la séquence de vie de classe).

La source spinoziste des pédagogies de l’émancipation, par Nicolas Mathey

A partir d’une relecture orientée de la première partie de l’Éthique, cet article se propose de mettre en évidence les pensées du changement, de la formation et de l’enfance que l’ontologie de Spinoza peut permettre de refonder en profondeur, à partir de principes dynamiques et relationnels. L’enfant de Spinoza est nécessaire, non infirme. Il est chose causée et sans fin, chose dynamique et intriquée aux autres choses, chose sociale.

La neutralité axiologique dans les sciences sociales, une simple idéologie ?, par Jean Lawruszenko

Qu’en est-il de la neutralité axiologique dans les sciences sociales ? Cette question semble toujours d’actualité à la fois au niveau théorique et  lorsqu’il s’agit de savoir quelles sont les sciences sociales qui doivent être enseignées au collège ou au lycée. Il est un moment historique important où cette question fut débattue qui opposa T.W. Adorno à K. Popper. La parution récente du recueil d’articles d’Adorno Le conflit des sociologies, nous permet de redécouvrir les tenants et aboutissants de ce débat et la façon dont la Théorie critique met à mal ce principe de neutralité.

PISA : une ingérence douteuse

Nathalie Bulle revient ici sur les résultats de l'enquête triennale PISA 2015 parus en décembre 2016. Selon elle, on ne tire pas les bonnes leçons de cette enquête : au lieu de conduire à réagir contre la philosophie délétère qui anime les politiques éducatives depuis des décennies, PISA est utilisée en France, et avec le soutien des politiciens de l'OCDE, pour justifier les dernières réformes, dans l'attente de leurs hypothétiques résultats. C'est que l'enquête PISA a en réalité deux fonctions majeures, selon Nathalie Bulle : la gestion de l’opinion publique par les gouvernements et la manipulation des gouvernements par les technocrates de l’OCDE.

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