L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation.
Emmanuel Kant, Propos de pédagogie.

Enseigner « en tant que philosophe », par Philippe Danino

En dépit de ce qu’annonce le Traité de la réforme de l’entendement, Spinoza n’a écrit aucun traité d’éducation. Voilà qui peut étonner de la part d’un penseur en quête d’un bien véritable « capable de se communiquer » et soutenant que nous nous efforçons, sous la conduite de la raison, « de faire que les hommes vivent sous la conduite de la raison ». Or, on voit davantage de développements sur le fait d’enseigner (docere), c'est-à-dire de s’adresser à l’autre et de transmettre, et même, singulièrement, sur une façon d’enseigner en tant que philosophe. Y aurait-il donc quelque place à faire, chez Spinoza, à l’idée d’un enseignement qui serait proprement philosophique ?

Lutter contre les discriminations ? Certes ! Et contre les inégalités ?, par Alain Beitone et Estelle Hemdane

En février 2016, l’académie de Créteil a publié un rapport sur la question des discriminations. Ce texte appelle selon nous un certain nombre de commentaires et doit susciter le débat. En effet, le système scolaire français est-il à proprement parler "discriminatoire" ? Et déjà peut-on appeler "discrimination" ? Nous soutiendrons qu'on ne peut pas parler de discrimination au sens juridique à l'école (ou de façon exceptionnelle) et que l’influence de la discrimination systémique sur les écarts de réussite scolaire est faible. Selon nous, ces écarts s’expliquent principalement par les inégalités économiques, sociales et éducatives du milieu d’origine des élèves (d’origine immigrée ou non), que le paradigme pédagogique dominant tend paradoxalement à renforcer.

Un essai pour penser les inégalités scolaires : réseaux et médiations en classe d’arts plastiques, par Sylvain Fabre

Comment penser les processus de construction des inégalités scolaires à l’école ? Comment articuler le poids des déterminants sociaux et les opportunités que permet la scolarisation ? Ces questions sollicitent un appareil notionnel qui rende compte de la cohérence et de la diversité des trajectoires : les notions de médiation et de réseaux sont interrogées dans cette perspective. Elles gagnent également à être posées dans un domaine qui met en avant la subjectivité des élèves : l’éducation artistique et les arts plastiques sont sollicités comme particulièrement éclairants. Des portraits différenciés d’élèves appuient la réflexion en explorant les réseaux hétérogènes qui se constituent, entre scolaire et extra-scolaire, enseignement formel et éducation informelle.

Qu’est-ce qui ne va pas chez Dewey ?

La philosophie de Dewey a une grande influence sur la pensée éducative contemporaine, bien qu’elle soit peu discutée sur le plan épistémologique. Nous proposons un accès à sa théorie de l’expérience sur la base de certains concepts clés. A partir de là, nous montrons que le point névralgique de la théorie de la connaissance de Dewey repose sur un postulat fondamental, celui de l’indépendance relative, pour la compréhension de la signification, des phénomènes existentiels par rapport aux construits théoriques. Nous défendons que si l’on abandonne ce postulat, certaines bases de la théorie de la connaissance de Dewey s’écroulent et, avec elles, les principes en matière de formation intellectuelle qui en sont dérivés.

Les intelligences libres, Spinoza et l'éducation, par Tobias Sebastian Dreher

Encore jeune philosophe, Spinoza défend l'importance d'une Doctrine de l'éducation des enfants, quoiqu'il ne l'écrira jamais. Pour reconstituer ce à quoi une pédagogie "spinoziste" pourrait ressembler, nous sommes partis de quelques remarques éparses, examinées à la lumière de son système. L'analyse de la place que prend le Corps dans l'éducation des adultes nous a enfin fait comprendre que la seule pédagogie pour enfants valable serait celle qui éduque d'abord les parents. En prenant en compte la dynamique augmentative de cause à effet d'un système social, nous nous apercevons que cette Doctrine de l'éducation des enfants est déjà éminemment contenue dans les démontrations mêmes de l'Éthique, et que, de ce fait, l'apprentissage des adultes et des enfants est intimement corrélé.

Devenir autonome, apprendre à se diriger soi-même, par Philippe Foray

Philippe Foray, philosophe de l’éducation, publie Devenir autonome, apprendre à se diriger soi-même (ESF éditeur, 2016), ouvrage stimulant sur l’autonomie en général et l’autonomie dans l’éducation en particulier. L’auteur y démêle patiemment les difficultés et les enjeux conceptuels, normatifs et pratiques que soulève l’éducation conçue comme éducation à l’autonomie. Montrant qu’une telle perspective est à la fois possible et souhaitable, à condition d’admettre la « vulnérabilité  de l’autonomie » humaine - c’est-à-dire le fait qu’elle dépende elle-même de multiples conditions, d’un fond irréductible d’hétéronomie -, Philippe Foray examine également avec finesse les modalités de sa mise en œuvre, à l’école et à l’extérieur de l’école. Avec l'aimable accord de l'auteur et de son éditeur, nous reproduisons ici quatre extraits significatifs de l'ouvrage.

Série Spinoza et l'éducation

Cette série "Spinoza et l'éducation", qui devrait se poursuivre pendant toute l’année 2016-2017, se veut exploratoire.

Il s’agira non pas de présenter la philosophie de l’éducation de Spinoza, introuvable en tant que telle, mais plutôt d’ouvrir un maximum de pistes autour du thème de l’éducation chez Spinoza, pour vérifier la validité de l’hypothèse de départ : il y a de quoi penser philosophiquement l’éducation à partir de Spinoza.

L’éducation comme éthique : Spinoza avec Vygotski - I - Fondements anthropologiques, par Pascal Sévérac

Nous présentons dans ce texte ce que nous pouvons appeler, à partir de Spinoza et de Vygotski, les fondements anthropologiques d’une éducation entendue comme éthique. Dans un prochain texte, nous développerons quels sont les problèmes auxquels se trouve confrontée une pratique éducative nourrie de Spinoza et de Vygotski, et nous envisagerons les orientations possibles d’une telle éducation.

Pour être plus juste, l’école doit servir sa mission fondamentale

Nathalie Bulle propose un texte programmatique sur les grandes directions que devrait emprunter l'école pour être plus juste. Ces dernières concernent sa mission fondamentale de développement intellectuel et culturel et les opportunités véritables de réalisation individuelles qu'elle devrait offrir.

Méthodes actives, pédagogie invisible, inductivisme péda-gogique , mais de quoi « la pédagogie des SES » est-elle vraiment coupable ?, par Jean-Yves Mas

Le projet fondateur de l'enseignement des SES de 1967 a fait l'objet de nombreuses critiques notamment en raison de ses options pédagogiques (méthodes actives, pédagogie inductive...). Ces critiques sont en grande partie à l'origine de la réforme des programmes de SES de 2010. L'objet de notre article est de répondre à ces critiques et de montrer que les programmes actuels de SES sont loin d'avoir les vertus que leurs prêtent leurs partisans.

La mixité des formations et des métiers demeure encore un objectif !, par Françoise Vouillot

Les statistiques de l’orientation attestent du chemin encore à parcourir pour parvenir à une réelle mixité dans les formations et les métiers. Il y donc toujours des freins à l’évolution de la mixité. Tous les niveaux d’intervention relatifs au processus d’orientation (politique, procédures, pratiques) sont concernés mais sont rarement questionnés sur leur rôle dans cette ségrégation sexuée en raison de la prévalence de « l’idéologie de la différence des sexes » comme explication. Si l’on veut faire évoluer la situation, ce sont ces freins qu’il faut interroger comme étant le produit des stéréotypes de sexe et du genre.

Les révolutions de l'éducation en France, par Eric Dubreucq

Nous vous signalons la publication récente de l'ouvrage d'Eric Dubreucq, Les révolutions de l'éducation en France, 15 leçons de philosophie de l'éducation sur la laïcité, L'Harmattan, 2016.

A cette occasion, nous en reproduisons les deux premières leçons : L’expérience laïque de l’éducation à la fin du XIXe siècle : entre crise religieuse et crise des humanités et La tension interne d’une expérience.

Voyage au bout de la démocratie : notes sur les Voyages en démocratie. Regards français sur le processus démocratique de Pierre Statius, par Eric Dubreucq

Le livre de P. Statius récemment publié chez Kimé est le premier d’un triptyque, dont le titre général, Voyages en démocratie, indique le projet d’ensemble : « revenir de manière conceptuelle et historique sur le phénomène démocratique afin d’identifier ce qui constitue le centre de la démocratie et ce qui ressortit à la dynamique démocratique ». Eric Dubreucq en propose ici une rencension.

Questions ouvertes pour l'école du XXIe siècle - Fini de lire ?

Fini de lire ?

Qu'en est-il aujourd'hui de la lecture, du rapport à l'écrit dans la culture, l'école et l'enseignement ?

Journée d'étude Samedi 4 juin 2016 de 9h30 à 13h au Centre Panthéon. Intervenants : Roberto Casati, Alain Giffard, Denis Kambouchner, Hélène Merlin-Kajman.

Questions ouvertes pour l'école du XXIe siècle - A quoi bon des programmes scolaires ?

Enregistrement de la cinquième séance (21/11/15) du cycle de rencontres intitulé Questions ouvertes pour l'école du XXIe siècle, organisé par le CEPA, l'ESPE de Paris et la revue Skhole.fr.

Intervenants : Sébastien-Akira Alix, Pierre Arnoux, Mara Goyet, Daniel Guillaume, Bruno Poucet et Dominique Raulin.

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